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Criteo devient le deuxième plus gros éditeur de logiciels français

Le podium des décideurs français de logiciels change avec le remplacement d’Ubisoft par Criteo à la deuxième place derrière Dassault Systèmes, qui reste premier.

Le podium des décideurs français de logiciels change avec le remplacement d’Ubisoft par Criteo à la deuxième place derrière Dassault Systèmes, qui reste premier. - Eric Piermont-AFP

Le podium des 250 plus gros éditeurs français de logiciels a changé. Spécialiste du ciblage publicitaire sur Internet, Criteo se hisse à la deuxième place, rang occupé jusqu'ici par Ubisoft, derrière Dassault, indétrônable numero 1.

Les deux plus grands succès du logiciel français sont des acteurs du marché destiné aux entreprises. En conquérant, la deuxième place du classement 2017 des 250 éditeurs présenté par le Syntec numérique, Criteo, spécialisé dans le ciblage publicitaire sur internet pour les marques et les annonceurs, ravit la deuxième place à l'éditeur de jeux vidéo Ubisoft, tourné exclusivement vers le grand public, qui recule au troisième rang.

Dassault Systèmes, avec ses logiciels destinés aux industriels, conserve la première place de ce classement par chiffre d'affaires réalisé en 2016. L'éditeur a signé le plus gros contrat de son histoire avec Boeing mi-2017, évalué à un milliard de dollars.

Criteo suit en temps réel les multiples écrans des internautes

C'est grâce au maintien d'une forte croissance l'an dernier de son activité (+36%, contre +60% en 2015) que Criteo, quatre ans après son introduction réussie au Nasdaq, est parvenu à détrôner Ubisoft (+7%) de la deuxième place de ce classement. Présente sur un marché où la technologie est primordiale, la société a notamment innové dans la technologie qui lui permet d'adapter en temps réel les bannières publicitaires aux internautes, selon le type d'écran qu'ils utilisent.

Globalement, les 250 éditeurs français recensés dans ce classement ont vu leur croissance ralentir un peu à 12% en 2016, pour un chiffre d'affaires cumulé de 13,5 milliards d'euros. Le secteur avait affiché une croissance de 16% en 2015, selon cette étude annuelle réalisée par le cabinet EY auprès de plus de 350 sociétés.

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- © Top 250 des éditeurs de logiciels français. Syntec Numérique-EY

"L'année 2016, malgré une croissance plus modérée qu'en 2015, démontre encore un fort dynamisme de l'écosystème", note Jean-Christophe Pernet, associé d'EY, remarquant que le secteur a vu son chiffre d'affaires (presque) doubler depuis 2010, puisqu'il atteignait cette année-là, 7,7 milliards d'euros.

Côté rentabilité, "plus de la moitié des éditeurs de logiciels parviennent à dégager un résultat opérationnel positif" tandis que "100% des éditeurs de logiciels du panel réalisant plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires sont aujourd'hui profitables", détaille l'associé d'EY, cité dans l'étude.

L'évolution vers le logiciel vendu sur abonnement

L'édition 2017 de cette étude souligne aussi que le SaaS (Software as a Service, logiciel sous forme d'un service hébergé dans le cloud) avec son modèle économique basé sur l'abonnement, est devenu une tendance de fonds de l'industrie du logiciel.

Enfin, la conquête de l'international est un passage obligé pour les éditeurs français qui veulent grandir. Ceux dont le chiffre d'affaires est supérieur à 100 millions d'euros affichent ainsi une part majoritaire de leurs ventes à l'international, de 62% en moyenne. Pour leur implantation à l'étranger, les États-Unis demeurent la priorité. En Europe, ils visent avant tout la Belgique et la Suisse, pays qui dispose d'une forte communauté francophone.

Frédéric Bergé