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Comment Partech veut donner une vraie chance aux start-up

Partech Ventures multiplie les initiatives pour aider au décollage des start-up, avec la bénédiction des pouvoirs publics. Emmanuel Macron était venu, en décembre 2014, inaugurer son incubateur parisien, Partech Shaker.

Partech Ventures multiplie les initiatives pour aider au décollage des start-up, avec la bénédiction des pouvoirs publics. Emmanuel Macron était venu, en décembre 2014, inaugurer son incubateur parisien, Partech Shaker. - AFP Eric Piermont

Ce fonds va injecter 200 millions d'euros dans une poignée de start-up dont le profil leur permettrait d'égaler un jour Amazon, Airbnb ou Uber.

Comment briser la malédiction européenne qui veut qu'aucun Google, Airbnb, ou Amazon n'ait pu croître et prospérer sur le Vieux continent. Le fonds Partech Ventures veut choyer les start-up en croissance. Il met 200 millions d'euros sur la table pour apporter entre 10 et 45 millions d'euros à chaque start-up sélectionnée.

Sont éligibles "des start-up déjà avancées dans leur développement, avec un chiffre d'affaires de plusieurs dizaines de millions d'euros, réalisant entre 30 à 40% de croissance par an, et qui ont un produit ou une technologie ayant fait ses preuves et trouvé un marché", explique Omri Benayoun, associé du nouveau fonds, Partech Growth. 

La cible type de ce type de financement pourrait, par exemple, être Sigfox, société française spécialisée dans l'Internet des objets et qui prévoit une levée de fonds record en 2015 pour financer sa croissance.

Carrefour et Renault participent à Partech Growth

"Il y a clairement un déficit de financement dans ce segment: c'est un marché qui, en Europe, représente entre 150 et 200 entreprises par an, et aujourd'hui, seules 12 à 15 d'entre elles reçoivent le soutien financier d'investisseurs, explique Bruno Crémel également associé du nouveau fonds.

De surcroît, si les fonds d'amorçage qui aident les start-up à leurs débuts, sont nombreux actifs comme en témoigne l'initiative récente d'Orange, ces jeunes entreprises ne trouvent plus de financement une fois qu'elles ont atteint une taille plus significative.

En Europe, la majorité des opérations de capital-croissance sont réalisées par des investisseurs non-européens, et seules une trentaine d'entreprises high-tech valorisées à plus d'un milliard de dollars ont réussi à émerger depuis 2000.

Plus originale, l'initiative associe des investisseurs institutionnels comme Bpifrance, CNP Assurances et AG2R La Mondiale, mais aussi de grands groupes français comme Carrefour, Ingenico et Renault. Ceux-ci y voient un moyen de s'ouvrir à des partenariats avec des entreprises à la pointe du numérique.

Partech Growth serait déjà "en discussions avancées" avec plusieurs entreprises. Le fonds Partech Growth compte atteindre les 300 millions d'euros d'ici juin, et entre 20 et 25% seront investis aux Etats-Unis.

Partech ,a par ailleurs, récemment installé à Paris un incubateur de start-up dans un immeuble prévu pour accueillir une quarantaine de jeunes sociétés. La société de gestion de fonds Partech Ventures, fondée par Jean-Marc Patouillaud et Philippe Collombel, a réalisé 21 introductions en Bourse et plus de 50 cessions industrielles supérieures à 100 millions de dollars. Business Objects (rachetée ultérieurement par l'éditeur SAP), Dailymotion ou encore La Fourchette (récemment reprise par Trip Advisor) font partie des entreprises ayant bénéficié de ses investissements.

F.Bergé avec AFP