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Comment le numérique va bouleverser l'emploi dans le secteur public

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- - Laurent Huet - AFP

Selon un rapport de Roland Berger, la transformation numérique de l'administration pourrait impacter jusqu'à 110.000 postes à court terme. Mais cette révolution conduira à recruter de nouveaux profils et à mettre à contribution des start-up.

L’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, la nomination d’Édouard Philippe et la constitution de son gouvernement a occulté le rapport sur cabinet Roland Berger sur la transformation numérique dans le secteur public. Ce document annonce une mutation que certains redoutent et que d’autres espèrent, mais qui reste inéluctable. Selon ce rapport, publié le 11 mai, 40.000 à 110.000 postes d’agents publics (soit entre 3 à 8 % des fonctionnaires d’État) pourraient être impactés à court terme par la transformation numérique de l’administration.

"À court terme, dans toutes les administrations, les emplois qui apparaissent comme les plus exposés à de fortes probabilités d’automatisation concernent les personnels administratifs et techniques, les secrétaires administratifs, les contrôleurs et techniciens et les adjoints administratifs et techniques", précise le rapport.

Comme les auteurs le rappellent, cette mutation était déjà bien amorcée. "L’exercice de ces professions s’appuie de plus en plus sur une forte automatisation (gestion des agendas automatisée, classification et gestion plus simple des documents via des bases de données et moteurs de recherches plus évolués, automatisation de processus internes, automatisation et ciblage des contrôles via des algorithmes prédictifs, etc.)".

Renouveler les métiers de l’administration

Mais, à l’instar de ce qu’il s’est passé dans l’industrie et les services, ces changements pourraient avoir un impact positif. Non seulement en améliorant l’accès aux services, mais aussi créant de nouveaux postes et en développant des écosystèmes.

Cette transformation numérique conduira d’ainsi à recruter de nouvelles compétences. "La montée en puissance des technologies numériques s’accompagne d’un nécessaire renouvellement des métiers de l’administration. Cela passe par le développement de nouveaux métiers que les agents côtoient déjà hors de l’administration". Parmi ces professions, le rapport évoque les développeurs, les "community managers" ou encore les designers d’expérience.

Mais cette transformation numérique pourrait aussi devenir un levier pour les start-up française qui développeront des services et des outils pour "bonifier l’action publique". Mais comme le signale le site Acteurs Publics, "l’écosystème des start-up qui améliorent les services publics et remodèlent les politiques publiques existe, mais demeure embryonnaire". Dans son rapport, Roland Berger nomme cette collaboration “la fécondation mutuelle”. Ce partenariat est dévolu à la mission Etalab qui fait partie de la Direction interministérielle du numérique et du système d'information et de communication de l'État (DINSIC).

Dans son programme numérique, Emmanuel Macron a promis une enveloppe de 5 milliards d'euros pour la transformations numérique des services publics, un travail qui devrait incomber aux deux plus jeunes membres du gouvernement: Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics, et Mounir Mahjoubi, secrétaire d'État en charge du Numérique.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco