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Cette appli française cartonne en imprimant les photos des smartphones

Le dynamisme de PlanetArt et de son appli FreePrints ne se dément pas avec un CA annuel en hausse de +57% à 88,9 millions d'euros.

Le dynamisme de PlanetArt et de son appli FreePrints ne se dément pas avec un CA annuel en hausse de +57% à 88,9 millions d'euros. - FreePrints

L'appli mobile FreePrints est devenue selon son éditeur la plus utilisée au monde pour l'impression de photos à partir d'un smartphone. Cet acteur français de l'édition de logiciels s'est frotté avec succès aux marchés américain et britannique, avant d'aborder l'Europe continentale.

Hormis avec les jeux vidéo, la France du logiciel n'est pas forcément réputée pour le succès à l'international de ses applications grand public pour PC ou mobile. Ce n'est pas le cas de l'éditeur PlanetArt, société du groupe français Claranova (ex-Avanquest Software).

Son appli mobile FreePrints, en satisfaisant un besoin universel d'impression de photos stockées sur les smartphones ou les réseaux sociaux, compte 7 millions d'utilisateurs récurrents en France et surtout à l'étranger. Forte d'un milliard de photos déjà commandées et téléchargée 20 millions de fois, elle traite chaque mois 50 millions de photos imprimées sur papier et expédiées à ses clients par courrier.

"Depuis l'avènement du mobile, les utilisateurs ne prennent plus le temps d'imprimer sur papier les centaines de photos qu'ils ont réalisées avec leur téléphone. Une étude récente a montré qu'avec les volumes qu'elle traite actuellement, notre appli mobile est la plus utilisée au monde pour l'impression de photos" explique Pierre Cesarini, PDG de Claranova.

L'appli récupère les photos publiées sur les réseaux sociaux

Par rapport aux nombreux services existants d'impression de photos, PlanetArt a conçu une appli mobile comme outil unique de sélection et de commande des photos à éditer. Plus besoin de passer par des sites spécialisés, tout part du smartphone ou de la tablette.

L'astuce de l'appli consiste à récupérer sur les comptes Dropbox, Facebook, Instagram, Google Photos ou Flickr de l'internaute, les photos qu'il souhaite imprimer. Le service associé à l'appli mobile se charge d’appliquer les recadrages, formats et retouches demandés qui sont transférés par le réseau mobile au service géré par PlanetArt. Le client reçoit ensuite par courrier, quelques jours plus tard, ses photos imprimées dans des laboratoires professionnels sur du papier résistant à la décoloration.

Son modèle économique repose sur la seule facturation des frais de port (qui inclut de fait le coût de l'impression et du papier) aux clients pour des tirages photo standards en 10x15. Ils varient de 1,99 euro jusqu’à 5,99 euros (pour 45 tirages). L'utilisateur peut sélectionner d’autres formats, payants cette fois-ci, mais à des prix unitaires a priori abordables: comme un agrandissement 20×30 pour un peu plus d'un euro. "Nous avons opté pour un modèle économique à faible marge unitaire mais à fort volume" explique Pierre Cesarini.

Un chiffre d'affaires en hausse de 57% en un an

À rebours de la stratégie de nombre d'acteurs français du logiciel, Claranova a commencé en 2016 par s'attaquer aux États-Unis et au Royaume-Uni avant d'aborder l'Europe continentale. Elle a su capter l'attention de la clientèle anglo-saxonne grâce à une fonction complémentaire d'édition d'albums photos, facturée un peu plus cher que les tirages classiques, générant un panier moyen de 6 à 7 euros par client.

La stratégie commerciale adoptée par l'éditeur de l'appli a déjà porté ses fruits. Avec un chiffre d'affaires de 88,9 millions d'euros en croissance de 57% sur l'exercice 2016-2017, PlanetArt a réalisé 68% du chiffre d'affaires du groupe Claranova sur la période.

Pour asseoir le succès à l'étranger de son application, une levée de fonds de 11,4 millions d'euros, souscrite en septembre 2017 par des industriels, a valorisé PlanetArt à plus de 185 millions d'euros. Celle-ci a même dépassé la capitalisation boursière du groupe Claranova (163 millions au 6 septembre 2017). Grâce à ces fonds, la conquête des marchés asiatiques, réputés friands de mobile et de photos, figure parmi ses priorités.

Frédéric Bergé