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Cet appartement atypique accueille les start-up de demain

Un appartement de 87 mètres carrés, deux chambres, un grand séjour. La première Hackerhouse de Paris accueille huit colocataires qui développent leurs projets.

Un appartement de 87 mètres carrés, deux chambres, un grand séjour. La première Hackerhouse de Paris accueille huit colocataires qui développent leurs projets. - Hackerhouse Paris

Vivre en collectivité tout en développant ses propres projets, telle est la proposition adressée aux jeunes de 21 à 28 ans par cet incubateur francilien de start-up à l'état d'esprit "hacker"

Située près de Paris, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), la "Hackerhouse" est un appartement pas tout à fait comme les autres. Un robot tout droit sorti de "Star Wars" est encastré dans le mur qui donne sur la salle "jedi", une porte d'entrée qui s'ouvre via une application sur smartphone. 

"Un bon hacker, c'est comme MacGyver, il te résout des problèmes avec des bouts de ficelles" explique Nicolas, un développeur indépendant qui a récemment troqué son appartement pour une chambre dans ce foyer atypique. Il a rejoint la Hackerhouse pour "conforter ses idées avec la communauté plutôt que de coder pendant un an tout seul".

Un concept venu des États-Unis

Autour de la longue table blanche -qui sert de bureau pendant la journée- une partie de cartes endiablée bat son plein lorsque Stéphane Bounmy, le fondateur de la première Hackerhouse en France, apporte le repas du soir. "Le mardi, c'est repas de famille, on mange tous ensemble" explique-t-il en précisant que le concept de cette colocation un peu spéciale vient tout droit de la Silicon Valley. "Le co-living (entre l'habitat partagé et le coworking, ndlr), expérimenté aux États-Unis, vient du fait que les loyers à San Francisco sont excessivement chers, les chambres coûtent 1.800 euros", poursuit Stéphane Bounmy.

À 520 euros tout compris, les chambres de la Hackerhouse sont abordables pour la région parisienne. Mais à ce prix là, "les gens viennent pour la communauté, pas pour le confort" prévient le fondateur. Les chambres avec lits superposés sont en effet plutôt spartiates. "Faut le voir comme une expérience! Tu sais que c'est temporaire, mais c'est clairement pas fait pour tout le monde", défend Selvina, qui a passé près de deux mois à arpenter la Silicon Valley. "Là-bas, c'est "go big or go home". Soit tu crées une start-up qui lève des millions soit tu restes chez toi..." déplore-t-elle.

Rien de tout cela dans la Hackerhouse dont le modèle se rapproche plus du "mini incubateur de projet". Dans la pièce principale, un grand écran affiche l'avancée des projets de chaque "hacker".

Application de restauration à domicile, reproduction de badges de sécurité Vigik, "serious game", un jeu pédagogique pour l'organisation des tâches ménagères... Rien qui s'apparente aux cyberattaques qui ont paralysé une partie du web récemment.

L'ouverture d'autres "hackerhouses" programmée 

Plus qu'une simple colocation de jeunes "startupers", la Hackerhouse fait également vivre une véritable communauté. Tous les weekends ou presque sont organisés des événements comme des "hackathon", un marathon informatique pour concevoir en un temps limité une application, des ateliers thématiques, etc...

Et le succès de l'opération est tel que, pour intégrer la Hackerhouse, il faut dorénavant s'inscrire sur liste d'attente avant qu'un deuxième foyer, "encore plus grand", ne voit le jour à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). 

"J'ai été contacté par une personne sensible à notre philosophie qui possède plusieurs immeubles, on souhaite ouvrir une vingtaine de hackerhouses d'ici un an", annonce Stéphane Bounmy. 

A.M. avec AFP