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Ces actionnaires ne digèrent pas les salaires des dirigeants d'Oracle

Le maintien du leadership de Larry Ellison, son fondateur, chez Oracle, qui reste président exécutif et directeur technique, a été critiqué par des fonds de pension européens. Ils soulignent son influence sur la politique de rémunération très généreuse des dirigeants de l'entreprise.

Le maintien du leadership de Larry Ellison, son fondateur, chez Oracle, qui reste président exécutif et directeur technique, a été critiqué par des fonds de pension européens. Ils soulignent son influence sur la politique de rémunération très généreuse des dirigeants de l'entreprise. - GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP Kimberly White

Deux fonds de pension, l'un hollandais l'autre britannique, accusent le fondateur du groupe, Larry Ellison de privilégier ses intérêts et ceux de l'équipe dirigeante au détriment de ceux des autres actionnaires.

Trop c'est trop. Deux actionnaires d'Oracle ont décidé de se rebiffer publiquement contre la politique salariale du tonitruant fondateur du groupe. Ces deux fonds de pension -l'un d’origine hollandaise (PGGM), l'autre britannique, représentant les retraités des chemins de fer outre-Manche- lui ont même écrit une lettre ouverte, dans laquelle ils exposent leurs griefs. Une démarche peu habituelle.

Ce ne sont évidemment pas les salaires des développeurs qui sont en cause. Le numéro deux mondial des logiciels pour entreprises est sévèrement critiqué pour la politique de rémunération de ses dirigeants, par deux fonds de pension.

Dans leur lettre ouverte, ces deux actionnaires très minoritaires (environ 0,16% du capital à deux deux), critiquent le mode de gouvernance d'Oracle, groupe dont le fondateur, Larry Ellison, n’a passé la main en tant que PDG qu'en septembre 2014, et y a conservé le poste important de directeur technique et de président exécutif…

Larry Ellison détient encore 26% d'Oracle

"Nos intérêts en tant qu’actionnaires externes à l’entreprise sont exposés à un plus grand risque lorsqu’il y a des preuves que les intérêts des actionnaires internes passent devant ceux de la grande majorité des autres actionnaires. Nous pensons que c’est le cas chez Oracle où le fondateur possède 26% des actions".

A l'appui de leur démonstration, les deux fonds de pension rappellent que durant trois années consécutives, le vote consultatif sur la politique de rémunération des dirigeants a abouti à un désaveu par une majorité en assemblée générale. Ils soulignent que certains dirigeants, à savoir les membres du comité de rémunération, n’ont été réélus à l’assemblée générale de 2013 que parce qu'ils avaient le soutien de Larry Ellison.

Les deux fonds de pension estiment plus globalement se heurter à un mur. Leurs demandes écrites réitérées en vue d’engager un dialogue constructif avec la direction d’Oracle sont restées lettre morte. Des représentants des deux investisseurs se sont même déplacés pour se rendre à l’assemblée générale d’Oracle à San Francisco, qui s'est tenue le 5 novembre 2014, afin de demander à rencontrer les directeurs. Mais, une fin de non-recevoir leur a été opposée.

Les deux actionnaires ont écrit leur lettre au nom des régimes de retraite qu'ils représentent, aux Pays-Bas et le Royaume-Uni, totalisent plus de 2,8 millions de membres et 238 milliards de dollars d'actifs sous gestion.

Frédéric Bergé