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Blendle, le kiosque européen qui  croit en l'avenir de la presse payante

En Allemagne, la startup a déjà signé des accords avec trente trois titres de presse, des quotidiens et des magazines. Il faut compter en moyenne 20 cents par articles.

En Allemagne, la startup a déjà signé des accords avec trente trois titres de presse, des quotidiens et des magazines. Il faut compter en moyenne 20 cents par articles. - Capture site Blendle

Alors qu'Apple a annoncé le lancement de son appli "presse", la start-up néerlandaise épaulée par le New York Times et Axel Springer lance son service de vente d'articles à l’unité en Allemagne avant d’attaquer la France et les Etats-Unis.

Les géants du Net s’intéressent de près à la presse et à ses lecteurs. Et, sur ce terrain, Google et Facebook dont l'audience se nourrit du travail des journalistes ont du mouron à se faire. D’abord avec Apple qui a présenté ce lundi 8 juin son appli News qui propose de créer son propre "journal" à partir d’articles provenant d’une cinquantaine de titres américains.

Mais dans ce marché très disputé, il convient aussi de parler d'une start-up dénommée Blendle. Cette société néerlandaise a choisi de vendre pour quelques dizaines de centimes des articles à l’unité.

Opérationnel au Pays-Bas depuis un an, Blendle se lance à l'international. en commençant par l’Allemagne. Cette expansion a été initiée dès la fin 2014 avec l’entrée dans son capital de deux acteurs de poids. D’un côté le New York Times, de l’autre le groupe allemand Axel Springer. Ensemble, ces deux géants des médias ont injecté 3 millions d’euros dans la start up en octobre dernier.

Apparemment, ces deux actionnaires sont un sésame dans le business des médias. En Allemagne, la start up a déjà signé des accords avec 33 titres, des quotidiens et des magazines. Il faut compter en moyenne 20 centimes par article. Dans un communiqué, Blendle indique que c’est à l’éditeur de déterminer le tarif. Il reversera ensuite 30% des ventes à la start up.

Avec News, Apple évite l'Europe... pour le moment

Quant à la presse américaine, Blendle a déjà signé un accord en mars pour distribuer le Wall Street Journal, le New York Times et le Washington Post. Le groupe propose également The Economist à la lecture. Pour le moment, cette offre n’est proposée qu’aux Pays Bas. Mais, selon la presse néerlandaise, les prochaines étapes de Blendle sont la France et les Etats-Unis. 

Blendle a choisi d’annoncer cette stratégie le jour même où Apple a annoncé son service News qui remplacera l’appli Kiosque (Newstand) qui n’a jamais vraiment rencontrée de succès. Cette fois, la firme de Cupertino n’a pas lésiné dans les moyens. Elle a signé des accords avec plusieurs titres de presse quotidienne, dont le New-York Times, et Condé Nast, le groupe qui édite des fleurons de la presse magazine (Elle, GQ, Wired…). 

Pour le moment, la stratégie de l’Américain évite l’Europe, ou presque. Dès l’automne, la nouvelle appli qui s’inspire de Flipboard ou du franco-californien Scoop.it, sera lancée aux Etats-Unis, en Australie et en Grande-Bretagne. Pour le reste de l’Europe, ce sera plus difficile. Les éditeurs européens, Axel Springer en tête, ne sont toujours pas prêts à offrir à iAD, la régie publicitaire d’Apple, 30% de leurs revenus publicitaires.

Pascal Samama