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Blablacar teste gratuitement le co-voiturage courte distance

BlaBlaCar dévoile la version pilote de sa nouvelle application dédiée aux covoiturages courte distance domicile-travail sur 2 trajets : entre Reims et Châlons-en-Champagne et entre Toulouse et Montauban.

BlaBlaCar dévoile la version pilote de sa nouvelle application dédiée aux covoiturages courte distance domicile-travail sur 2 trajets : entre Reims et Châlons-en-Champagne et entre Toulouse et Montauban. - Blablacar

Une application de covoiturage pour les trajets domicile-travail est testée par Blablacar sur deux parcours-types. Le paiement s'effectue en liquide entre conducteur et passager, sans commission. Le règlement par carte sera possible via la plateforme à compter de septembre 2017.

Les dirigeants de Blablacar ont longtemps considéré que les petits déplacements n'avaient pas leur place dans leur offre. Frédéric Mazzella, le fondateur du site de covoiturage reconnaît d'ailleurs volontiers que le modèle économique initial ne permettait pas de répondre aux besoins de ceux qui veulent une alternative économique aux transports en commun. Ce temps-là est révolu. Les 13,5 millions de personnes qui chaque jour prennent leur véhicule pour se rendre au travail intéressent clairement la start-up, désormais ouverte aux expérimentations dans ce domaine.

"Avec le service de covoiturage domicile-travail, nous restons plus que jamais sur l'optimisation des coûts d'usage de l'automobile par le numérique tout en offrant des services supplémentaires à notre communauté. On a déjà des milliers d'inscrits depuis l'ouverture de ce service" a commenté Frédéric Mazella, invité sur l'antenne de BFMBusiness ce mercredi 3 mai 2017.

Après avoir lancé la location longue durée de voitures pour ses clients fidèles, Blablacar teste donc BlaBlaLines, une application pour smartphone destinée aux déplacements domicile-travail. L'expérimentation débute ce mardi 2 mai avec une appli pilote sur Android. Elle se limite à deux axes routiers à fort potentiel pour ce type de covoiturage quotidien: Reims-Châlons-en-Champagne (47 km, 6000 trajets quotidiens) et Toulouse-Montauban (54 km, 10.000 trajets quotidiens).

Blablacar ne monétise pas son service pour l'instant

Preuve de l'approche expérimentale choisie par la start-up: la monétisation du covoiturage via la plateforme n'est pas prévue pour l'instant, le but étant d'"aller chercher l'usage" selon Frédéric Mazzella. Le paiement entre le conducteur et le passager s'effectuera en liquide (sans commission prélevée par la plateforme) au démarrage sur ces deux axes et uniquement après la réalisation du trajet (alors que le passager pré-paie son parcours sur l'application Blablacar actuelle). Le coût moyen du service pour un passager, fixé par l'application, est de 5 euros pour 50 km.

Pour répondre aux contraintes spécifiques du covoiturage quotidien, BlaBlaCar a repensé intégralement son approche. Il a conçu une solution dédiée qui ressemble à Tinder (pour la mise en relation automatique entre deux personnes en fonction de critères prédéterminés) et à Uber, lorsque la géolocalisation de ses utilisateurs sera introduite à la fin de 2017.

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"Seulement 3% des trajets quotidiens sont effectués en covoiturage. Pour lever les obstacles qui freinent cet usage, il fallait éviter tout détour au conducteur sur son trajet et permettre au passager de choisir son heure de retour avec tout autre conducteur de son choix" explique Frédéric Mazella, président-fondateur de Blablacar.

Les conducteurs enregistrent une fois pour toutes leur trajet (points de départ et d'arrivée, horaires, itinéraire choisi) sur l'application et les passagers leur requête.

Le système informatique se charge ensuite de faire correspondre offre et demande de covoiturage automatiquement. Le service n’impose pas le même conducteur à l’aller qu’au retour et permet à chaque passager de trouver un covoitureur au dernier moment.

Pour éviter tout détour au conducteur, le système développé par Blablacar innove en introduisant la notion de points de rencontre multiples situés sur son trajet quotidien. Fixés automatiquement par l’application ils sont toujours situés sur sa route, près de gares, d'arrêts de bus voire d'endroits populaires. Un principe identique à celui qu'expérimente elle aussi la SNCF.

"C'est au passager de faire l'effort d'atteindre un point de rencontre le plus proche de son domicile pour éviter que le conducteur ne soit obligé de se dévier de son trajet pour le récupérer" explique Simon Berger-Perrin, responsable du développement de l'appli Blablalines.

La géolocalisation sera intégrée à l'application fin 2018

L'application devra recruter un nombre important de conducteurs, afin que l'offre destinée aux passagers covoitureurs soit suffisante pour qu'ils trouvent à coup sûr une voiture pour leur aller-retour quotidien.

Si Blablacar fait l'impasse sur le paiement, effectué de la main à la main entre covoitureurs pour les deux trajets routiers retenus pour l'expérimentation, la version définitive de l'application, qui fonctionnera sur les iPhone, intègrera un paiement par carte (toujours après réalisation du trajet pour le passager) ainsi que la géolocalisation, en septembre 2017. La société française veut ouvrir dix parcours d'ici la fin de l'année sur son application de covoiturage avant d'envisager son déploiement en 2018 sur la France entière.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco