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Attention à ne pas se laisser emporter par la vague du cloud

En administrant elle-même ses serveurs, une entreprise peut parfois dépenser moins qu'en louant des ressources auprès d’acteurs comme Amazon ou OVH.

En administrant elle-même ses serveurs, une entreprise peut parfois dépenser moins qu'en louant des ressources auprès d’acteurs comme Amazon ou OVH. - Pixabay

Même paré de tous les atouts qu'on lui connait (coût, rapidité de déploiement, flexibilité, etc), le cloud peut devenir un semi-échec si l'entreprise ne calibre pas correctement ses besoins.

Baisse des coûts, flexibilité, rapidité de déploiement … les avantages de l’hébergement à distance des données en mode cloud ne font plus de doute. Méfiance toutefois. Choisir le cloud n’est pas forcément une bonne idée selon le besoin auquel on veut répondre. Attention à ne pas se faire emporter à tort par la vague très en vogue du "cloud".

La première erreur serait de se lancer dans le cloud sans disposer d’un minimum de compétences en interne. "Il faut vraiment avoir dans son équipe au moins un ingénieur système -non débutant- capable de comprendre l’infrastructure et d’assurer un chiffrement des données si nécessaire", considère Mikael Robert, ancien architecte d’infrastructure au sein du cabinet de conseil Octo Technology, aujourd’hui consultant indépendant en DevOps Cloud.

Risque de latence pour les très gros volumes

Autre cas où le cloud peut éventuellement poser problème : lorsque l’activité de l’entreprise nécessite la transmission de très gros volumes de données en continu. "La lenteur de la connexion à Internet peut être un frein. Un réseau local supporte ainsi de plus gros échanges de données et cela permettra donc d’éviter des problèmes de latence", prévient Guillaume Plouin, CTO de la start-up Deveko et lui aussi ancien d’Octo Technology.

En termes de coût, "une entreprise ayant des besoins en calculs spécifiques de manière intensive tout au long de l’année, comme Météo France par exemple, n’aura pas vraiment d’intérêt à faire appel à une offre de cloud public", explique Guillaume Plouin. Cela lui coûterait probablement bien plus cher si elle louait des centaines de serveurs auprès d’Amazon ou d’OVH plutôt que de les administrer elle-même.

Une dépendance certaine à la qualité du lien Internet

Evidemment, le stockage dans le "nuage" informatique induit une dépendance extrême à la qualité de la connexion au réseau Internet. "L’application et/ou les données en question peuvent-elles vraiment être complétement dépendantes d’Internet ?" devra alors se demander le décisionnaire. Autant dire que dans le cas d’une production industrielle en 3/8, le responsable sera souvent plus rassuré de conserver des serveurs en interne. Idem lorsque les logiciels sont utilisés par un personnel nomade, dans des pays en voie de développement par exemple. Enfin, une administration du système doit parfois être possible hors connexion. Or, "cette option de gestion en mode déconnecté n’est que rarement proposée dans les offres cloud", rappelle Guillaume Plouin.

Adeline Raynal