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Affaire Tapie: le PDG d'Orange échappe à un procès au pire moment

Le mandat de Stéphane Richard à la tête d'Orange se termine en mai 2018.

Le mandat de Stéphane Richard à la tête d'Orange se termine en mai 2018. - ERIC PIERMONT / AFP

Selon les informations de BFM Business, Stéphane Richard est assuré de ne pas être renvoyé devant la justice avant de briguer un troisième mandat à la tête de l’opérateur télécom. Un sérieux obstacle en moins.

La voie est dégagée pour le PDG d’Orange. Stéphane Richard milite depuis plusieurs mois pour renouveler son mandat à la direction du groupe de télécom. Un projet ambitieux après deux mandats et huit ans de règne. Un pari d’autant plus audacieux qu’il est mis en examen pour "escroquerie en bande organisée" dans l’affaire Tapie, et risquait un procès en pleine campagne pour sa reconduction.

Cet obstacle de taille est désormais tombé. Selon les informations de BFM Business, Stéphane Richard est assuré de ne pas être renvoyé devant la justice avant le choix de son successeur, au mois de mars prochain. Il a reçu un coup de pouce inattendu de Bernard Tapie qui a multiplié les demandes de pièces supplémentaires au dossier judiciaire. Il a également déposé un recours en annulation dont l’audience aura lieu le 2 octobre prochain. De quoi retarder la procédure. Du coup, le délibéré n’interviendra pas avant fin octobre, explique un proche du PDG d’Orange.

Succession décidée en mars

Même si l’affaire était renvoyée en correctionnelle dans la foulée, la procédure nécessiterait au moins six mois, ajoute cette source. En moyenne, cela prend plutôt dix à douze mois. Dans tous les cas, un procès ne pourrait pas se tenir avant le mois de mai ou juin. Un calendrier serré, alors que le conseil d’administration d’Orange qui décidera du futur PDG se tiendra en mars pour valider la décision lors de l’assemblée générale des actionnaires du 4 mai. Mais un timing qui passe.

C’est un sérieux obstacle en moins pour Stéphane Richard. Ses rivaux utilisent depuis quatre ans la perspective de son procès dans l’affaire Tapie comme argument pour l’évincer de la direction d’Orange. Il les combattra désormais avec ce poids en moins. Son principal adversaire est Nicolas Dufourcq, actuel directeur général de BPIfrance, qui est administrateur d’Orange dont la banque publique d'investissement détient 9% du capital. En interne, le directeur financier Ramon Fernandez est régulièrement cité comme "recours". Ancien du Trésor, il dispose d’un fort crédit auprès de Bercy.

Caroline Morisseau