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À la fin de l'année, les dernières cabines téléphoniques auront disparu

Les 5450 cabines téléphoniques encore en fonction en France vont être démontées d'ici le 31 décembre. Leur entretien est devenu trop coûteux par rapport aux services qu'elles rendent

C’est la fin d’une époque. Le 31 décembre prochain, Orange démontera les dernières cabines téléphoniques de France. Ces dernières années, leur nombre a fondu comme neige au soleil. À Paris, il n’en reste déjà plus. La dernière se trouvait rue Ordener, face à la mairie du XVIIIe arrondissement. Et comme le signale Le Parisien, il n’en reste plus que 5450 sur le territoire contre 300.000 dans les années 90. Les téléphones mobiles ont eu leur peau.

Si, dans la capitale, la disparition des cabines n'a ému personne, dans certaines communes de France, Orange pourrait faire face à quelques récriminations. Interrogé par Le Parisien, Laurentino Lavezzi, directeur des affaires publiques de l'opérateur, reconnaît que même si le trafic est infime, il représente encore 0,6% de ce qu'il était en 2000, générant un chiffre d’affaires de 10 millions d’euros contre 516 en 2000. Mais ce montant ne permet pas de rentabiliser un service qui coûte 14 millions d’euros pour un usage très restreint. "La durée moyenne d'appel par cabine est tombée à 10 secondes par jour. Sur les 10.000 cabines encore en service au premier trimestre 2017, la moitié n'ont pas décroché une seule fois", précise Laurentino Lavezzi.

Un recul entamé dès la fin des années 90

La désinstallation de ces cabines n’a tout de même pas attendu l’arrivée de l’iPhone en 2007. Ce mouvement a démarré dès la fin des années 90. Et c’est en 2015 que la décision d’en finir a été actée avec la loi Macron. Les parlementaires avaient accepté de libérer Orange de son obligation de maintenir en fonction les 46.000 cabines permettant jusqu'alors de garantir un accès au téléphone sur tout le territoire.

Désormais, l’État mise sur l’éradication des zones blanches. Le plan très haut débit avait fixé 2022 pour connecter l'ensemble du territoire français. En juillet dernier, Emmanuel Macron a promis de gagner deux ans sur le calendrier en misant aussi sur le haut débit.

Pascal Samama