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4G: comment Bouygues, Free, Orange et SFR s'allient pour faire disparaître les zones blanches

Les quatre opérateurs de téléphonie mobile vont déployer chacun 5.000 sites 4G d’ici 2020-2022.

Les quatre opérateurs de téléphonie mobile vont déployer chacun 5.000 sites 4G d’ici 2020-2022. - Jean-Pierre Muller-AFP

Conséquence d'un accord conclu en janvier 2018 entre l'État et les opérateurs, les premiers sites 4G mutualisés entre Bouygues, Free, Orange et SFR ouvrent dans les "zones blanches". Celles-ci devront être totalement couvertes en 4G d'ici 2022, à la charge des opérateurs.

La fracture numérique liée à l'absence de couverture haut débit mobile commence lentement à être résorbée dans les zones rurales. Deux premiers sites 4G (antennes ou pylônes) mutualisés au niveau technique entre les quatre opérateurs mobiles entrent en service en cette fin juin 2018, dans les Deux-Sèvres sur les communes de Béceleuf et Fenioux, au nord de Niort.

Les abonnés mobiles situés aux alentours pourront indifféremment se connecter au réseau de Bouygues Telecom, Free, Orange et SFR (groupe Altice, propriétaire de ce site web) sans se poser la question de savoir si leur opérateur couvre bien la zone géographique concernée.

Près de 2000 sites 4G mutualisés à construire

Cette mutualisation repose sur un point haut télécoms partagé avec ses antennes. Leurs modules radios 4G émettent un signal différent pour chacun des quatre opérateurs, dans sa bande de fréquence. La construction de ces sites mutualisés découle de l'accord signé en janvier 2018 entre le gouvernement et les opérateurs dans le but de résorber les "zones blanches" et, au-delà des zones blanches, à généraliser la 4G dans l'Hexagone.

En tout, 5000 nouveaux sites seront construits dont près de 2000 seront mutualisés entre les 4 opérateurs pour faciliter le déploiement de la couverture radio 4G sur tout le territoire métropolitain.

La généralisation de la 4G concerne 10.000 communes

Cette généralisation de la réception en 4G implique à la fois de l’apporter à plus d’un million de Français sur 10.000 communes déjà couvertes en 2G ou 3G, d'ici 2020 et d'équiper directement en 4G, sans passer par l'étape de la 3G, 100% des sites du programme d'équipement "zones blanches-centres-bourgs" et ce d’ici fin 2022.

Le gouvernement avait chiffré cette accélération substantielle du rythme de déploiement des réseaux mobiles à trois milliards d’euros entièrement pris en charge par les quatre opérateurs. En échange, le gouvernement a renoncé à mettre aux enchères le renouvellement à venir des fréquences 4G (900, 1800 et 2100 MHz). Pour renforcer l'incitation des opérateurs à investir dans les zones blanches, l'État les a aussi exonérés sur cinq ans de la taxe IFER qui frappe les pylônes radio nouvellement bâtis. Il était difficile de sanctionner sur le plan fiscal, l'investissement nécessaire à l'amélioration de la couverture mobile des territoires...

Frédéric Bergé