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Michelin va supprimer jusqu'à 2300 postes en France

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Michelin - Franck Fife - AFP

Le fabricant français de pneumatiques va engager un "plan de simplification et de compétitivité" mais assure qu'il n'y aura pas de départs contraints.

Le groupe Michelin a annoncé ce mercredi qu'il allait supprimer jusqu'à 2300 postes en France, sans départs contraints, dans le cadre d'un "plan de simplification et de compétitivité". Le pneumaticien vise "une amélioration de sa compétitivité pouvant aller jusqu'à 5% par an" pour les activités tertiaires et pour l'industrie, ce qui pourrait signifier "d'ici trois ans une réduction de postes pouvant aller jusqu'à 2300", sur les 21.000 que compte Michelin en France.

Le groupe soumis à la concurrence des pneus à prix cassés a déjà supprimé près de 1500 postes depuis 2017 dans le cadre de sa réorganisation, notamment à son siège historique de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) et aux Etats-Unis. Il a également fermé les sites de La Roche-sur-Yon (Vendée) et Bamberg en Allemagne. D'ici 2024, "près de 60% des départs envisagés se feraient sur la base de départs anticipés à la retraite et le reste par des départs volontaires accompagnés", dans le cadre de ruptures conventionnelles collectives (RCC), précise Michelin dans un communiqué.

"Tous les sites français du groupe" concernés

De Clermont-Ferrand à Epinal en passant par Troyes, cette nouvelle réorganisation concerne "tous les sites français du groupe", a précisé Florent Menegaux, le président du groupe clermontois. "Michelin s'engage à recréer autant d'emplois qu'il y en aura de supprimé", a-t-il ajouté toutefois, l'entreprise prévoyant d'accompagner les territoires et d'accroître son activité dans divers domaines en parallèle de ce plan de simplification.

Il n'y a pas de fermeture d'usine, aucun départ contraint, précise Florent Menegaux dans une interview à l'AFP. Ce plan sera composé uniquement de départs volontaires. Nous anticipons environ 60% de mesures de pré-retraites et 40% de départs volontaires, dans le cadre de ruptures conventionnelles collectives (RCC). [...] L'effort de compétitivité concerne tous les sites français y compris le siège à Clermont-Ferrand".

Le nombre de départs site par site sera précisé dans les prochains mois: la direction du groupe souhaite ouvrir "rapidement" des négociations avec les organisations syndicales autour d'un "accord-cadre d'une durée de 3 ans".

A partir de maintenant et jusqu'à l'été prochain, nous allons lancer une négociation avec les organisations syndicales pour définir les modalités de ce dispositif", détaille Florent Menegaux.

"Michelin n'abandonne pas la France"

Le groupe est "confronté depuis une dizaine d'années à de profondes transformations structurelles du marché mondial du pneumatique, marqué notamment par l'arrivée massive de produits à bas coûts". Il doit donc "accompagner les évolutions stratégiques de ses activités pour préparer l'avenir. C'est le cas notamment en France où la vitalité de ses positions passe par un renforcement significatif de sa compétitivité", souligne-t-il.

Nous avons commencé un travail sur la compétitivité de nos sites français il y a plus de 18 mois. La crise sanitaire, et ses conséquences, nous l'ont fait suspendre. Il y avait beaucoup d'anxiété, ce n'était pas le moment. (...) Maintenant que nous avons appris à travailler avec ce virus dans de bonnes conditions de sécurité, nous sommes en mesure de reprendre nos travaux", explique Florent Menegaux.

"Michelin n'abandonne pas la France" et "va réinvestir une partie des économies réalisées dans le développement de nouvelles activités", souligne Florent Menegaux. Ses 15 sites industriels dans l'Hexagone se sont progressivement spécialisés dans les pneumatiques haut de gamme, agricoles, industriels, ou de compétition.

L'activité de manufacture de pneumatiques en France va poursuivre son recentrage sur les activités à très forte valeur ajoutée: pneus d'avions et agricoles, génie civil, compétition automobile, et d'une manière générale des activités avec des forts liens avec la recherche et l'innovation", rappelle le patron de Michelin.

En parallèle, Michelin poursuit "sa stratégie de localisation en France de nouvelles activités à forte valeur ajoutée", comme dans l'hydrogène, l'impression 3D, les colles ou le recyclage des déchets plastiques. A horizon 2030, Michelin souhaite que 30% de son chiffre d'affaires soit réalisé hors pneus.

P.L. avec AFP