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Marges «pharamineuses»: la grande distribution se défend

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Au lendemain de la publication d'un rapport sévère sur les marges réalisées par la grande distribution sur les produits alimentaires, un représentant de la profession se défend sur RMC. « Sur un Caddie de 50 euros, on gagne moins d'1 euro », dit-il.

RMC.fr vous dévoilait hier matin un rapport publié par Les Echos, pointant les marges « brutes » réalisées ces dix dernières années par les industriels et les distributeurs, sur de nombreux produits alimentaires. Des résultats tronqués et mal interprétés, estiment ce mardi les représentants de la grande distribution. 

« Une grave erreur de raisonnement »

Jacques Creyssel (délégué général de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution) estime notamment que « ce rapport repose sur une erreur grave de raisonnement ». Selon lui, le document ne « parle que des marges brutes. La marge brute, c'est un chiffre qui ne prend en compte ni les salaires, ni les impôts, ni les frais de transport, ni la logistique, ni rien du tout des dépenses des magasins. Or ce qui compte, c'est quand on additionne tout ça et qu'on regarde ce qui reste à la fin. C'est à dire la marge nette ». Jacques Creyssel cite ainsi l'exemple des fruits et légumes.

« Sur un Caddie de 50 euros, on gagne moins d'1 euro »

« Sur l'ensemble du rayon », explique-t-il, « il reste au total avant impôt 1,5% aux distributeurs. Parce que vous avez les frais de conditionnement par exemple qui représentent 23% du total, vous avez des frais de personnel etc... Donc au total le chiffre réel est extrêmement faible. Sur un Caddie à 50 euros, nous gagnons moins d'un euro en moyenne. Et ce chiffre est non seulement très faible, mais il est en diminution globale et en plus il est deux fois inférieur à ce qui se passe à l'étranger. En outre, il est cinq fois ou six fois inférieur aux marges des grands industriels ». Il précise que la profession est en train de réunir de nouveaux éléments chiffrés concernant les marges nettes, afin de les faire parvenir à l'Observatoire des prix et des marges alimentaires, auteur de l'enquête. « Il est regrettable que ce rapport ait été publié sans ces données », conclut-il.