BFM Business

Le rachat de Lacoste par Maus clôt une histoire familiale française

Lacoste va passer sous le contrôle d'une entreprise Suisse.

Lacoste va passer sous le contrôle d'une entreprise Suisse. - -

Sophie Lacoste a finalement jeté l'éponge, dans la bataille pour le contrôle de la marque au crocodile, mettant fin à une histoire familiale remontant à 1933. Ce sont les conflits au sein de la famille Lacoste qui ont provoqué sa prise de contrôle par le suisse Maus Frères.

La vente de Lacoste au distributeur suisse Maus Frères a débuté il y a quelques semaines. C’est désormais officiellement acté : la famille Lacoste sort totalement du groupe créé en 1933 par le champion de tennis René Lacoste. La présidente de Lacoste, Sophie Lacoste Dournel, a annoncé mercredi qu'elle allait céder ses parts, comme l'avait fait son père avant elle, scellant la fin de l'actionnariat familial et la prise de contrôle de la marque au crocodile par le distributeur suisse Maus Frère. Madame Lacoste-Dournel a indiqué dans un communiqué qu'elle allait vendre avec ses alliés 28% du capital de la griffe à Maus.

Père et fille en conflit

Le père de Sophie, Michel Lacoste, qui l'avait précédée à la tête de l'entreprise, était en conflit avec sa fille. Sophie Lacoste la jugeait insuffisamment qualifiée pour le poste et avait annoncé fin octobre qu'il vendait avec d'autres actionnaires 30,3% du capital à Maus, déjà actionnaire à hauteur de 35%. « Après l'étude de différentes pistes, Sophie Lacoste Dournel et les actionnaires familiaux qu'elle représente ont fait le constat que toute action consistant à opposer durablement deux groupes d'actionnaires nuirait aux intérêts de l'entreprise et de ses salariés », explique le texte. « En conséquence, ils ont décidé d'envisager la cession de leurs actions au groupe Maus Frères », ajoute-t-il. Maus, qui était présent au capital à travers sa filiale Devanlay, contrôlera donc à terme 93,3% du capital de la marque au crocodile.

Lacoste valorisé à plus d’un milliard d’euros

Selon Michel Lacoste, Maus, en embuscade depuis des années, était pourtant à l'origine des divisions familiales.Il avait ainsi reproché au Suisse d'avoir « convaincu la moitié de (sa) famille de faire alliance avec lui pour prendre le contrôle ». La transaction entre Maus et Mme Lacoste Dournel se fera « dans les mêmes conditions » que pour la transaction avec le père. Le prix de la transaction valorisait Lacoste entre 1 milliard et 1,25 milliard d'euros. Sur ces bases, la part de Sophie Lacoste Dournel et de ses partenaires vaut entre 280 et 350 millions d'euros. « C'est avec une grande tristesse que nous envisageons de céder notre participation dans l'entreprise que mon grand-père avait créée », a déclaré Sophie Lacoste Dournel.

« Stabilité de l'entreprise »

« Nous avions pourtant un projet ambitieux et la volonté ferme d'assurer la pérennité du contrôle familial », ajoute l’héritière. « Notre responsabilité est de garantir la stabilité de l'entreprise et de lui assurer un développement serein et harmonieux » et « nous pensons que Maus Frères, notre partenaire de longue date, va y parvenir », poursuit-elle.
Sophie Lacoste Dournel, 36 ans, avait été élue le 24 septembre à la présidence non exécutive de Lacoste SA par le conseil d'administration renouvelé par les actionnaires. Elle succédait à ce poste à son père Michel, 69 ans. Mais ce dernier avait ensuite attaqué en justice cette décision en la jugeant irrégulière, avant de décider de vendre ses parts à Maus Frères. Sophie Lacoste mettait en doute les capacités de sa fille, affirmant qu'« elle n'a jamais passé une seule journée de sa vie dans une entreprise et n'a pas les compétences pour diriger un groupe qui se porte bien ».

T.de Dieuleveult avec AFP