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L'avenir d'Ascoval à nouveau compromis

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, sur le site Ascoval de Saint-Saulve, le 31 octobre dernier, quelques heures après avoir estimé, sur la base d'un rapport d'experts, le projet de reprise "solide" et "crédible".

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, sur le site Ascoval de Saint-Saulve, le 31 octobre dernier, quelques heures après avoir estimé, sur la base d'un rapport d'experts, le projet de reprise "solide" et "crédible". - FRANCOIS LO PRESTI / AFP

Le repreneur, Altifort, n'a finalement pas les moyens financiers de reprendre l'ascierie. Un dossier très politique, Bruno Le Maire s'était beaucoup impliqué pour arriver à la solution qui aujourd'hui fait défaut.

La reprise de l'aciérie Ascoval de Saint-Saulve (Nord) et de ses 281 salariés est remise en cause par le désistement du repreneur, le groupe franco-belge Altifort, qui n’est pas parvenu à réunir les fonds prévus dans le plan validé en décembre par le tribunal de grande instance de Strasbourg, a-t-on appris jeudi auprès de l’avocat d’Ascoval, Guilhem Brémond. Altifort, une entreprise créée en 2014 dans les aciers spéciaux, devait apporter 10 millions de fonds propres et 25 millions de fonds obligataires, sur les 152 millions d’euros du plan de financement. L’Etat et les collectivités locales apportaient 47 millions d’euros, le solde provenant des banques, dont la Banque publique d’investissements BPI France. Mais selon le journal Le Monde, la Banque de France aurait dégradé la note d'Altifort. Une dégradation qui aurait poussé ses fournisseurs à vouloir être payés immédiatement, asséchant d'autant la trésorerie d'Altifort. "Aujourd’hui, Altifort n’a ni les 10 millions de fonds propres, ni les 25 millions d’euros de fonds obligataires. Comment ont-ils pu nous dire qu’ils les avaient et ne plus les avoir aujourd’hui ? Je ne m’explique pas leur attitude", a dit à Reuters Me Guilhem Brémond. Altifort a informé l’administrateur d’Ascoval de son désistement, a ajouté l’avocat. Le patron d'Altifort, lui, est moins catégorique puisqu'il déclare à l'AFP qu'il ne "jette pas l'éponge" et "cherche une solution".

Bruno Le Maire s'était très investi dans ce dossier

Une audience de la chambre commerciale du tribunal de Strasbourg sera en tous cas organisée mercredi prochain pour acter la non-réalisation du plan de reprise et constater le maintien de la procédure de redressement judiciaire. "Nous essayons de voir s’il y a d’autres solutions très rapidement, sinon, ce sera la fermeture", a indiqué Me Brémond. Plusieurs sociétés qui avaient manifesté leur intérêt pour Ascoval devraient être de nouveau approchées. Coentreprise d'Ascometal (60%) et de Vallourec (40%) , Ascoval avait été exclue début 2018 du périmètre d'Ascometal lorsque le groupe, en dépôt de bilan, avait été repris par le groupe suisse Schmolz + Bickenbach. Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, s'était investi dans le sauvetage de l'entreprise et avait parlé en décembre "d’une bonne nouvelle pour l'industrie et l'emploi" lors de l'annonce de la reprise par Altifort.

La rédaction avec agences