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Vers un rapprochement entre Airbus et Thales pour mieux conquérir le marché mondial des satellites?

Thales Alenia Space estime les sureffectifs à 500 postes en France au total, sur les sites de Toulouse et de Cannes.

Thales Alenia Space estime les sureffectifs à 500 postes en France au total, sur les sites de Toulouse et de Cannes. - Thales Alenia Space

L'État verrait d'un bon oeil un rapprochement entre les activités des deux sociétés françaises dans les satellites, souvent rivales à l'export. Selon La Tribune, des discussions ont cours mais rien n'est fait.

Un seul industriel serait-il mieux armé pour aborder le marché mondial des satellites? Selon La Tribune, l'État n'aurait pas renoncé à "inviter" les dirigeants de Thales Alenia Space et ceux de la branche Defence & Space d'Airbus à entamer des discussions en vue d'un rapprochement de leurs activités satellitaires alors qu'un tel scénario, envisagé en 2014-2015, a déjà échoué.

"Profitant d'un marché des satellites atone et du prochain lancement de la nouvelle génération de satellites d'observation, l'État tente de forcer la main aux deux groupes à discuter ensemble" explique le quotidien en ligne. "Le message a déjà été passé aux deux PDG, qui se parlent" ajoute le site.

Thales Alenia Space et Airbus, rivaux et partenaires

Souvent rivaux dans les appels d'offres, Thales et Airbus travaillent aussi ensemble sur certains projets, se répartissant les tâches entre le satellite en lui-même, les instruments liés ou les systèmes au sol. Airbus a par exemple été choisi comme chef de file d'un consortium (au sein duquel on retrouve Thales Alenia Space) pour réaliser deux satellites de télécommunications militaires à destination de l'opérateur gouvernemental espagnol Hisdesat.

Le rapprochement entre les deux rivaux ferait d'autant plus sens, selon les autorités gouvernementales, que le marché des satellites est devenu difficile. La faute en grande partie au secteur des télécommunications, qui a passé peu de commandes pour des satellites géostationnaires en 2018. Thales Alenia Space (détenu à 67% par Thales et à 33% par l'Italien Leonardo) n'est pas au mieux, ayant dévoilé en avril qu'il souffrait d'un sureffectif de 500 personnes sur ses deux sites de Toulouse et Cannes.

Frédéric Bergé