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Total annonce ses plans pour Dunkerque, la CGT se cabre

Total a annoncé lundi l'arrêt de l'activité à sa raffinerie de Dunkerque dans le cadre de son projet de construction avec EDF d'un terminal méthanier sur ce site. /Photo prise le 28 janvier 2010/REUTERS/Pascal Rossignol

Total a annoncé lundi l'arrêt de l'activité à sa raffinerie de Dunkerque dans le cadre de son projet de construction avec EDF d'un terminal méthanier sur ce site. /Photo prise le 28 janvier 2010/REUTERS/Pascal Rossignol - -

PARIS - EDF et Total ont annoncé lundi un accord prévoyant la construction d'un terminal méthanier à Dunkerque pour compenser l'arrêt de...

PARIS (Reuters) - EDF et Total ont annoncé lundi un accord prévoyant la construction d'un terminal méthanier à Dunkerque pour compenser l'arrêt de l'activité de raffinage sur ce site, qui a été confirmée.

Cette double annonce intervient alors que Total tenait un comité central d'entreprise (CCE) extraordinaire sur l'avenir de la raffinerie des Flandres, à l'arrêt depuis septembre et dont les employés sont en grève depuis le 12 janvier.

Fin janvier, on avait appris de source industrielle que le projet de construction d'un terminal méthanier était à l'étude afin d'atténuer les conséquences pour l'emploi de la fermeture éventuelle de la raffinerie de Total, qui avait provoqué un mouvement de grève dans les autres raffineries du groupe.

Quelque 200 salariés ont manifesté lundi devant le siège de la division raffinage de Total à La Défense, où la direction a présenté ses plans aux syndicats.

Ils ont tenté de pénétrer à l'intérieur du siège mais en ont été empêchés par les forces de l'ordre, qui ont tiré des gaz lacrymogènes. Des vitres ont été brisées.

"Le projet prévoit l'arrêt de l'activité de raffinage au sein de l'établissement des Flandres, conduisant à un démontage progressif des unités qui pourrait durer jusqu'en 2013", peut-on lire dans un communiqué publié en marge de ce CCE.

PAS DE LICENCIEMENT, DIT TOTAL

"Le projet ne prévoit aucun licenciement, tous les salariés de Dunkerque ont un avenir chez Total et ils décideront chacun de leur avenir individuel sur la base du volontariat", a expliqué à la presse Michel Bénézit, directeur général du raffinage marketing de Total.

Un centre d'assistance technique, un centre de formation aux métiers techniques du raffinage et la transformation des capacités de stockage de la raffinerie en dépôt logistique sont prévus sur le site de Dunkerque.

Sur les 370 salariés affectés par la fermeture de la raffinerie due, selon Total, à l'effondrement de la consommation des produits pétroliers en France, en Europe et aux Etats-Unis, 240 personnes pourront continuer à travailler à Dunkerque, en plus des 50 postes de travail créés par le terminal méthanier.

Le groupe pétrolier s'engage en outre à garantir 110 postes de travail dans les autres raffineries du groupe et le reste des salariés bénéficieront d'une fin de carrière anticipée.

Le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, a estimé dans un communiqué que la participation de Total au projet de terminal d'EDF constituait "une première réponse pour le maintien de l'emploi et de l'activité industrielle sur le site de Dunkerque".

Il a ajouté qu'il serait "très attentif à ce que cette première réponse soit complétée à travers un projet précis et daté d'implantation de nouvelles activités permettant le maintien de l'emploi et du site".

Mais pour Charles Foulard, coordinateur de la CGT chez Total, "le compte n'y est pas".

"Il est clair que le projet de la direction est une véritable provocation. C'est inacceptable et nous mettons le gouvernement devant ses responsabilités. Le projet industriel n'est pas au rendez-vous", a-t-il dit en marge du CCE.

UNE NOUVELLE GRÈVE ?

Il a appelé à une réunion de l'intersyndicale mercredi pour décider d'une résolution et d'une éventuelle reprise de la grève dans les autres raffineries du groupe.

"Nous n'avons pas arrêté la grève, nous l'avons suspendue de manière tactique", a-t-il ajouté. "Le gouvernement et le groupe Total ont pris des engagements devant 64 millions de Français et maintenant ils doivent être comptables devant les salariés."

Selon l'accord dévoilé lundi, Total réservera une capacité de regazéification dans le projet de terminal méthanier de Dunkerque développé par une filiale à 100% d'EDF et prendra une participation au capital de cette société.

"Avec une capacité annuelle de regazéification comprise entre 10 et 13 milliards de mètres cubes par an, le terminal développé par Dunkerque LNG représenterait plus de 20% de la demande gazière française", ont souligné les deux groupes dans un communiqué commun, précisant que la décision d'engagement de la construction du terminal serait prise "avant l'été 2010 pour une mise en service en 2014".

"Le projet mobiliserait jusqu'à 1.200 personnes pendant la construction. En phase d'exploitation, le terminal créerait au moins une cinquantaine d'emplois directs, auxquels devraient s'ajouter quelque 150 emplois indirects."

Benjamin Mallet et Mathilde Cru, édité par Yves Clarisse