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Pour Antoine Frérot, PDG de Veolia, la fusion avec Suez prendra deux à trois ans

Le PDG de Véolia Antoine Frérot, le 10 janvier 2018 à Paris

Le PDG de Véolia Antoine Frérot, le 10 janvier 2018 à Paris - Joël SAGET © 2019 AFP

Dans le Journal du Dimanche, le patron de Veolia évoque le calendrier du rapprochement avec son frère ennemi. Et comme première étape, la nomination d'un nouveau comité exécutif.

Il y a une semaine, la bataille entre Veolia et Suez prenait fin. Les deux groupes ont fini par se mettre d'accord après des mois de crise: à Veolia les marchés internationaux de Suez, le second groupe se recentrant sur la France.

Dans le Journal du Dimanche, Antoine Frérot, le patron de Veolia, esquisse les prochaines étapes du rapprochement qu'il défend depuis sept mois.

"Nous attendons le feu vert des autorités de la concurrence, essentiellement en Europe. Elles doivent nous faire un premier retour vers la fin du mois de juin. Il est très probable que nous puissions alors accepter leurs demandes puisque le nouveau Suez règle tous les problèmes de concurrence en France, qui était le principal point d'attention. Cela me permettrait ensuite de lever la condition suspensive sur l'OPA, qui devrait donc être terminée au début de l'automne", explique-t-il.

Dans le même temps, le dirigeant entend aller vite dans l'intégration en commençant par le renouvellement du comité exécutif dans ce qui est appelé le nouveau Veolia. "Nous allons commencer par là. Sur les treize à quatorze membres qu'il compte, il serait naturel que quatre, cinq, voire six managers de Suez l'intègrent".

Bertrand Camus "n'a pas envie" de rejoindre "notre magnifique projet"

Le sort de Bertrand Camus, directeur général de Suez et farouche opposant à l'OPA de son concurrent semble scellé. "Il fera ce qu'il souhaite. Je lui ai très régulièrement et même publiquement proposé de rejoindre notre magnifique projet. Je pense qu'il n'en a pas envie et qu'il fera donc autre chose", estime Antoine Frérot.

Ensuite, "les managements de Suez et de Veolia vont mandater un cabinet extérieur pour mener une évaluation indépendante afin d'identifier le futur responsable des opérations dans chaque pays. Elle désignera le meilleur à chaque poste. Ces nominations devront être proportionnelles à la taille des entités de Suez et de Veolia dans chaque pays. Cette mixité des équipes va donc être menée avec objectivité, intégrité et rapidité", poursuit le responsable.

Au final, Antoine Frérot estime qu'il faudra "deux à trois ans" pour que l'intégration soit achevée. "Elle sera totalement opérationnelle lorsque nos clients, collectivités et industriels, nous diront percevoir un 'avant' et un 'après' notre opération, grâce aux solutions qu'on leur proposera et qu'ils adopteront. Là, ça sera gagné".

A ce moment, Veolia sera en "capacité d'imaginer et de généraliser les solutions dont nous aurons besoin pour améliorer la qualité de l'air, le recyclage du plastique ou des batteries électriques, la capture du carbone, nourrir des milliards de personnes, avec moins d'eau, moins d'énergie et moins de sol. La moitié de ces solutions n'existe pas aujourd'hui. Au fur et à mesure que Veolia les inventera, on pourra dire, Frérot avait raison".

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business