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Louis Schweitzer sur Alstom: "c'est un échec"

Louis Schweitzer, le nouveau commissaire général à l'investissement, était l'invité de BFM Business.

Louis Schweitzer, le nouveau commissaire général à l'investissement, était l'invité de BFM Business. - -

L'ex-PDG de Renault, désormais commissaire général à l'investissement, était l'invité de BFM Business, lundi 5 mai. Pas tendre avec les dirigeants d'Alstom, il ne s'est toutefois pas prononcé sur les prétendants du groupe français, même si General Electric pourrait avoir ses faveurs.

Nommé commissaire général à l'investissement le mois dernier, en remplacement de Louis Gallois (lui-même parti présider le conseil de surveillance de PSA), Louis Schweitzer a forcément suivi de près le dossier Alstom.

Invité de BFM Business, ce lundi 5 mai, l'ex-patron de Renault n'a pas épargné les dirigeants du groupe français, dont les activités énergie sont courtisées par l'Américain General Electric et l'Allemand Siemens. "De ce que je comprends, le problème d’Alstom n’est pas financier, il est industriel", a-t-il affirmé. "Les dirigeants d’Alstom disent qu’ils n’ont pas les moyens d’être compétitifs dans le monde d’aujourd’hui... C’est un échec, reconnaissons-le".

Les dirigeants d'Alstom "disent qu’ils ont besoin d’un allié qui, semble-t-il, est bien parti pour prendre le contrôle", a-t-il poursuivi. "Est-ce qu’il est américain ou allemand ? Pour moi, la nationalité n’est pas le critère majeur".

"Triste" qu'Alstom passe sous pavillon étranger

Cependant, et même si le commissariat général à l'investissement est rattaché à Bercy, Louis Schweitzer ne semble pas se prononcer en faveur de Siemens, comme l'a implicitement fait son ministre de tutelle Arnaud Montebourg.

Interrogé sur l'alliance entre Renault et Nissan, réalisée du temps de sa présidence, le dirigeant a refusé tout parallèle. "J’ai fait l’alliance Renault-Nissan, mais la différence c’est que Renault contrôle Nissan, et pas l’inverse", a-t-il d'abord glissé. Ensuite car les deux constructeurs n'étaient "concurrents presque nulle part". Et, selon lui, "une alliance entre deux constructeurs européens est plus difficile à orienter vers la croissance". De là à afficher sa préférence pour General Electric dans le dossier Alstom? "Je n’irai pas jusque-là", a-t-il déclaré dans un sourire.

En revanche, Louis Schweitzer a montré sa déception quant au passage d'un fleuron de l'industrie française sous pavillon étranger. "Quand je vois que la France se place au premier rang européen en matière de grandes entreprises industrielles, je suis fier. Mais quand ce nombre diminue, je suis triste", a-t-il déploré.

Y. D.