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Ligue 1: la moitié des clubs français détenus par des capitaux étrangers

Lyon, Paris et bientôt Angers… La Ligue 1 devrait compter d’ici la rentrée 11 clubs détenus par l'étranger. Une attractivité liée en partie à la valeur plus faible que les autres championnats.

L'Olympique Lyonnais est le dernier en date... Le club de Jean-Michel Aulas est finalement passé sous pavillon américain cet été. C'est le milliardaire John Textor qui prend le contrôle de 66% des parts de l'un des clubs les plus titrés de France. Une opération à 800 millions d'après Forbes.

Avec le probable rachat du club d'Angers - par un fonds américain également- la Ligue 1 pourrait compter 11 clubs détenus par l'étranger. Lille OSC, Clermont Foot, OGC Nice… les clubs français se revendent à tour de bras ces dernières années.

Ligue 1: la moitié des clubs français détenus par des capitaux étrangers
Ligue 1: la moitié des clubs français détenus par des capitaux étrangers © BFM Business

Comment expliquer une telle attractivité? Le faible ticket d'entrée par rapport aux autres championnats européens fait partie des explications. La France, le deuxième pays qui exporte le plus de joueurs, a tout de la bonne opportunité. Car c'est bien la perspective d'une plus-value à la revente qui peut motiver les propriétaires. Sur ce plan, la Ligue de football (LFP) et CVC - le fonds qui a investi dans sa société commerciale - sont optimistes pour le football français. Ils estiment notamment que les droits TV vont grimper dans les années à venir.

Changer de modèle?

Il faut dire aussi que les clubs ont beaucoup soufferts en raison de la pandémie mais aussi à cause du fiasco Mediapro avec une chute des droits TV qui doivent être renégociés cette année. La Ligue 1 vaut-elle plus d'un milliard d'euros comme le pensait la LFP? "Il faut attendre un peu ce que va nous révéler le marché", tempère sur BFM Business Luc Arrondel, directeur de recherche au CNRS et spécialiste de l'économie du football.

"Le point faible de la Ligue 1, ce sont les droits internationaux poursuit-il. Quand on voit qu'ils sont d'un montant de 85 millions d'euros pour un championnat qui a le PSG dans son effectif, c’est très faible. A titre de comparaison (…) la Premier League en est à autant de droits internationaux que de droits domestiques, de l'ordre de deux milliards d'euros."

Cette année sera donc cruciale pour relancer la machinerie et espérer remonter la valeur du championnat. A condition d'en faire une ligue attractive, sur le plan sportif. "Si vous avez une ligue qui assure son équilibre financier uniquement à travers la vente de ses meilleurs joueurs, cela nuit un peu à l'argument de vente", souligne Luc Arrondel.

Thomas Leroy Journaliste BFM Business