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Le leader français du meuble scolaire veut séduire les fans de design

Le passage de la salle de classe aux bars branchés de Paris est une idée de la Camif

Le passage de la salle de classe aux bars branchés de Paris est une idée de la Camif - Simire

Depuis 70 ans, Simire fabrique des meubles pour les scolaires et les collectivités. L'entreprise tente désormais de séduire les fans de design industriel avec une gamme grand-public.

Simire est l’archétype même de l’entreprise française que l’on connaît tous sans le savoir. Basée à Mâcon depuis sa création en 1946, elle produit le mobilier scolaire que des générations de Français ont utilisé. Ces pupitres et ces chaises en tube de métal vert ou gris avec des plateaux, des assises et des dossiers de bois, c’est Simire. Aujourd’hui, les clients sont toujours les écoles, collèges et lycées, mais aussi les collectivités. Mais désormais, la PME vise le grand public.

Avec son marché traditionnel, l’entreprise peut sembler vivre comme sur un long fleuve tranquille. On pourrait se dire que tout va bien et que rien ne doit changer, et pourtant… "Depuis la fin des années 2000, nous avons vécu des moments difficiles. Les budgets municipaux, régionaux et celui des collectivités ont été réduits ce qui nous a durement impacté. À cela, s’est ajoutée l’augmentation du prix des matières premières qui a fait fondre nos marges". Entre 2008 et 2011, l’entreprise a vu son chiffre d’affaires reculer pour passer de 34 à 27 millions d’euros.

L’effectif n’a pas été épargné. Lors de cette période, il est passé de 210 à 174 personnes. Simire n’a pas non plus hésité à investir pour moderniser sa production. Désormais, avec les ouvriers qui travaillent le bois et le métal, des robots réalisent des tâchent répétitives.

Un marché qui apporte une bouffée d'air

Le passage de la salle de classe aux bars branchés de Paris est une idée de la Camif qui a réussi à convaincre Philippe Lacharnay, directeur général de Simire. En dernière page du catalogue, on reconnaît à peine ces sièges qui équipent toujours les salles de classe. Et pourtant, hormis des couleurs plus vives, ce sont les mêmes. Le seul changement notable est sur les tubes de métal qui proviennent désormais d'une fournisseur espagnol. "La seule usine française qui les produisait a fermé ses portes, nous sommes toutefois restés en Europe", explique le dirigeant.

Pour ce nouveau marché, Simire n’a pas hésité à revoir son organisation qui avec les contrats publics, fonctionne comme une horloge. Déjà, les chaises vendues par la Camif sont toutes faites à la demande. "Pas le choix, on ne peut pas s’avancer sur telle ou telle couleur, ni sur l’une des trois versions que nous proposons." Le modèle vendu est décliné en version normale, en version pour enfant et en version haute, façon chaises de bar.

Mais face un potentiel, Philippe Lacharnay garde les pieds sur terre. "Il ne faut rien exagérer, ce marché ne va pas faire une révolution. Si tout se passe bien, il pourrait représenter 1% de notre activité cette année. Mais au-delà de cet aspect financier qui reste important, il nous apporte une bouffée d’air et une perspective nouvelle que nous devons tenter."

D’autres ont déjà réussi ce virage. Les verres Duralex, qui ont aussi marqué la scolarité des Français depuis des décennies sont aujourd’hui vendus aux États-Unis dans la boutique du MoMa, le musée d’art moderne de New York. Les chaises Simire vont-elles aussi entrer dans ce Panthéon du design? C’est un espoir que Philippe Lacharnay n’ose exprimer.

Simire, d’où vient ce nom?

En entendant ce nom, on pourrait croire que c’est un acronyme qui pourrait commencer par quelque chose comme «Société industrielle et manufacturière...» Et bien pas du tout. À sa création en 1946, cette PME ne fabriquait pas de meubles, mais des postes de radio TSF. Et pour symboliser cette activité, le fondateur, André Benoit, a eu l’idée d’accoler trois notes de musique : si, mi, ré. La production de TSF a duré jusqu’à l’arrivée de géant de l’électronique. L’entreprise a radicalement changé de cap, mais le nom est resté. Il n’a perdu que son accent.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco