BFM Business

"L'idée qu'Alstom a des problèmes de viabilité est complètement stupide"

Patrick Kron, le PDG d'Alstom, était l'invité d'Hedwige Chevrillon dans Le Grand Journal, ce 6 mai.

Patrick Kron, le PDG d'Alstom, était l'invité d'Hedwige Chevrillon dans Le Grand Journal, ce 6 mai. - BFM Business

Patrick Kron, le PDG d'Alstom, a assuré sur BFM Business ce 6 mai que le groupe allait se renforcer dans le ferroviaire, comme prédateur et non plus comme proie.

Alstom a un avenir après General Electric! Son PDG Patrick Kron, artisan du rapprochement des activités énergie des deux groupes, l'a martelé ce mercredi, invité sur BFM Business le jour de la publication des résultats annuels du fleuron industriel français.

Certes, le groupe est en perte, mais c'est à cause de son amende aux Etats-Unis. Alstom a en effet été condamné à verser 800 millions de dollars aux Etats-Unis pour des faits de corruption. Pour le reste, tout semble bien orienté, à l'image du carnet de commande.

"Nous avons eu 10 milliards de commandes dans le transport en 2014, un record historique puisque jamais Alstom n'avait atteint un tel niveau de commandes. Et nous avons eu pour 28 milliards de carnet de commande, soit entre quatre et cinq ans de ventes", se félicite le patron du groupe. D'ailleurs, "cela fait cinq ans que nos commandes dans le transport augmentent, années par années, cela veut quand même dire qu'on a des cartes à jouer".

Alstom peut parfaitement continuer tout seul

Reste qu'Alstom, dont les activités sont désormais circonscrites au ferroviaire, a reconnu manquer de visibilité pour son usine de Belfort qui assemble des locomotives. "Est-ce que nous avons une charge parfaite et complète dans chacune de nos usines? Hélas non", a regretté Patrick Kron, expliquant que la partie locomotive subit un effectivement "un problème de charge". Or "une usine ne peut pas vivre à moitié chargée pendant des siècles", a-t-il reconnu. 

Pour autant, Patrick Kron balaie les critiques de ceux qui, depuis qu'Alstom a décidé de vendre ses activités énergie à GE, jugent que le Français n'a plus d'avenir. "Une idée complètement stupide est qu'il y aurait des problèmes de viabilité d'Alstom Transport. Voilà une activité qui est dans les trois premiers mondiaux! Qui a un carnet de commandes de quatre à cinq ans! De 30.000 salariés! Avec la gamme de produits la plus large du marché ! Donc Alstom peut parfaitement continuer tout seul!". Cela reste, selon le PDG, "la base de notre stratégie".

Néanmoins, "si demain il y avait des opportunités de croissance externe, on les regarderait", souligne Patrick Kron. "Il y aura une consolidation du marché. Bombardier a dit qu'il avait différentes options stratégiques et qu'il les examinait, on va voir si ça passe par nous ou pas", indique-t-il.

N.G.