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Étrillé par la Cour des comptes, le laboratoire public LFB supprime 120 postes

LFB est spécialisé dans les médicaments dérivés du plasma ou issus de protéines recombinantes, utilisés en immunologie, en hématologie et en médecine d'urgence.

LFB est spécialisé dans les médicaments dérivés du plasma ou issus de protéines recombinantes, utilisés en immunologie, en hématologie et en médecine d'urgence. - Philippe Hughen-AFP

Le groupe pharmaceutique LFB, détenu à 100% par l'Etat, va se séparer d'environ 120 collaborateurs en France. Sur fond de recentrage de ses activités, prôné par la Cour des comptes qui a pointé, dans son rapport, une stratégie de diversification dans les biotechnogies, "trop ambitieuse".

À peine sa stratégie industrielle critiquée par le dernier rapport de la Cour des comptes, le LFB, laboratoire de médicaments dérivés du plasma détenu à 100% par l'État, corrige le tir. LFB a indiqué ce mercredi qu'il allait se séparer d'environ 120 collaborateurs en France, sur une base volontaire, dans le cadre d'une rupture conventionnelle collective, sur fond de recentrage de ses activités.

Le groupe compte actuellement plus de 2300 salariés, dont 1800 en France. Son nouveau plan stratégique, présenté aux instances représentatives du personnel, prévoit notamment de se recentrer sur son coeur de métier, les médicaments dérivés du plasma ou issus de protéines recombinantes.

Le groupe a échoué dans les biotechnologies

Une réponse directe aux critiques formulées par la Cour des comptes qui pointait l'échec de la stratégie de LFB de diversification dans les projets de biotechnologie, censées luis rapporter des recettes supplémentaires.

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Mais, malgré "près de 700 millions d'euros" d'investissements de recherche-développement dans les biotechnologies depuis 2009, le groupe n'a dégagé "aucun chiffre d'affaires significatif dans cette activité" à ce jour, jugent les Sages de la rue Cambon. "Le LFB doit à présent se désengager au moins partiellement de cette activité" énonce le rapport qui souligne que la France est un des rares pays à avoir fait le choix de conserver une filière nationale, contrôlée par l’État, pour la fabrication des médicaments issus du plasma.

La nouvelle usine d'Arras,... retardée de 4 ans

En outre, la production du groupe a été sérieusement perturbée en 2017-2018 par plusieurs injonctions de l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) visant des "déviations" de son processus industriel par rapport aux normes, que le groupe a tardé à corriger. Ces aléas ont provoqué une baisse de 5,6% de son chiffre d'affaires en 2017, à 490 millions d'euros, tout en gonflant ses coûts: en 2017 le laboratoire a accusé une perte de 152 millions d'euros.

Ces difficultés financières ont considérablement retardé le chantier d'une nouvelle usine à Arras, dont les coûts avaient été largement sous-estimés et dont le financement "n'est plus assuré aujourd'hui", selon le rapport. Initialement prévue pour 2020, la mise en service de ce vaste site de production de médicaments dérivés du plasma "est aujourd'hui retardée de quatre ans", déplore la Cour. L'État avait pourtant procédé à une augmentation du capital de 230 millions d'euros en 2015 pour accélérer la réalisation de ce projet.

Frédéric Bergé avec AFP