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Emmanuel Macron chez Renault à Douai pour vanter l'attractivité de la France

Le Président de la République a officialisé l’implantation dans le Nord d’Envision. Ce spécialiste chinois des renouvelables va implanter une usine de batteries qui alimentera le pôle voitures électriques de Renault.

Un exemple de cette France qui attire les investisseurs. Ce lundi, en prélude du sommet Choose France qui se tient cet après-midi à Versailles (Yvelines), Emmanuel Macron s’est rendu à Douai (Nord) sur le site industriel de Renault.

En présence du directeur général du constructeur Luca De Meo et du président de l’Alliance Jean-Dominique Senard, le président de la République a officialisé l’implantation d’une méga-usine de batteries, juste à côté de l’usine d’assemblage aujourd’hui des Scénic, Espace et Talisman, demain de la future R5.

Deux milliards d'euros d'investissements

Le président de la République a annoncé l'investissement de deux milliards d'euros du groupe chinois Envision. Ce projet, porté par sa filiale AESC, va créer 1000 emplois sur place d'ici 2025 et 2500 d'ici à 2028.

La nouvelle giga-factory sera la pièce maîtresse du pôle "ElectriCity" que Renault va lancer dans le Nord, rassemblant en une même entité les usines de Douai, Maubeuge et Ruitz, dans un pôle dédié aux véhicules électriques. Les batteries seront destinées à l'assemblage de la Mégane et de la R5 électriques, mais elles pourront aussi servir à d’autres constructeurs.

"Sur ce projet, on va investir plus de 200 millions d'euros d'argent public aux côtés des industriels, des investisseurs et des collectivités locales. Et moi, j'assume cet argent public", a défendu le président, qui a par ailleurs indiqué rencontrer dans 10 jours l'ensemble des constructeurs "pour faire un point sur la filière".

De son côté, le fondateur et patron d’Envision, Lei Zhang, louait cet après-midi en direct sur BFM Business le travail avec les autorités françaises pour faire aboutir ce projet de gigafactory dans le Nord de la France.

"Nous avons été impressionnés par la vision du président Macron d’avoir ce plan de relance vert, et en particulier de mettre les investissements dans les projets environnementaux et numériques en avant, c’est ce qui nous a motivés, explique Lei Zhang. La France n’est pas seulement un pays séduisant [pour un investisseur, ndlr], elle prend aussi des décisions rapides. Depuis ma dernière visioconférence en novembre, en six mois, tout a été fait pour amener à notre installation".

Emmanuel Macron et Xavier Bertrand au lendemain des élections régionales

Pour son premier déplacement après la défaite cinglante de son parti aux régionales, le président de la République s'est par ailleurs voulu à l'offensive.

"C'est cette France unie à laquelle nous croyons collectivement, celle où l'État, la région, le département, l'agglomération travaillent ensemble. c'est de pouvoir continuer à conjurer toute fatalité quand on investit", a lancé Emmanuel Macron.

"C'est cette France unie qui sait travailler ensemble, qui sait porter son histoire et regarder l'avenir qui nous permettra d'avancer, de reconquérir l'industrie, de reconquérir notre force et d'être à la fois productive et juste", a-t-il ajouté.

Accompagné de trois ministres, Gérald Darmanin (Intérieur), Agnès Pannier-Runacher (Industrie) et Franck Riester (Commerce extérieur), le chef de l'Etat y a retrouvé Xavier Betrand, président réélu dimanche de la région Hauts-de-France, qui se pose déjà comme le "troisième homme" pour la présidentielle de 2022.

"Félicitations pour hier", "heureux de vous retrouver ici", a lancé le président de la République. "Je suis content d'être avec vous. C'est une étape, mais on sait tous ce qu'il y a derrière, on le sait chacun", a-t-il poursuivi.

Xavier Bertrand, s'est pour sa part félicité d'avoir "réussi à faire autant reculer le RN", ce à quoi Emmanuel Macron a approuvé, estimant que "ça prouve que quand on investit, on y arrive". Interrogé par le patron des Hauts-de-France sur l'abstention, Emmanuel Macron a encore considéré qu'elle "dit beaucoup de choses" et qu'"on aura tous à en tirer les conséquences".

Les Hauts-de-France, pôle français de l'électrique

Terre industrielle, les Hauts-de-France accueillent plusieurs projets dédiés à la voiture électrique. La giga-usine d’Envision est la seconde annoncée en France après celle de Stellantis (le groupe né du mariage de Peugeot-Citroën et Fiat-Chrysler) et de TotalEnergies à Douvrin (Nord). Une multiplication de projet que le PDG d’Envision voit comme un atout.

"Cela va pousser les fournisseurs à s'installer dans la région. Un cluster de l'électromobilité est en train de voir le jour dans les Hauts-de-France, et nous allons y apporter notre contribution, explique ce lundi dans Les Echos Lei Zhang. Cet écosystème sera très bien placé pour répondre à la forte demande qui viendra d'Europe".
Pauline Ducamp avec AFP