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EDF à la rescousse d'Areva?

Areva a publié, ce 4 mars, une perte record. Le gouvernement veut une réorganisation profonde du partenariat entre les deux géants, "au bénéfice de chacun d'eux".

La situation d'Areva inquiète le gouvernement. Le groupe nucléaire français vient, en effet, de publier une perte record de 4,8 milliards d'euros pour 2014 et prévoit de lancer un plan d'économies de 1 milliard d'euros à horizon 2017.

"Dans ce contexte, l’Etat examinera les propositions des directions générales d'EDF et d'Areva qui se sont engagées dans des discussions en vue d’une refondation industrielle de la filière française", ont déclaré dans un communiqué commun Ségolène Royal, ministre de l'Energie, Michel Sapin, ministre des Finances et Emmanuel Macron, ministre de l'Economie.

Cette déclaration confirme donc ce qu'annonçait le ministre de l'Economie ce mercredi matin dans le Figaro. Selon lui, la "refonte" du partenariat entre EDF et Areva pourrait aller "jusqu'à un rapprochement, y compris capitalistique". "Notre volonté, c'est très clairement qu'il y ait une réorganisation profonde, une refonte, du partenariat historique de ces deux groupes, au bénéfice de chacun d'eux", a déclaré le ministre dans le quotidien, évoquant une "intégration stratégique et opérationnelle très forte."

"Les modalités ne sont pas encore arrêtées", a-t-il ajouté. "Ce peut être une plus grande coopération industrielle, ou aller jusqu'à un rapprochement, y compris capitalistique. Je pense en particulier à toute l'activité réacteurs, de l'ingénierie à la maintenance".

Mais pour le directeur général d'Areva, Philippe Knoche, ces discussions capitalistiques se feront éventuellement "dans un second temps".

Marché chinois prioritaire

Emmanuel Macron avait jusque-là estimé que l'hypothèse d'une prise de participation d'EDF ou de GDF Suez dans certains actifs du groupe n'était "pas sur la table".

Le ministre a répété que la question d'une recapitalisation publique était "prématurée", estimant que "la priorité, c'est le redressement opérationnel, le rétablissement du partenariat avec EDF et, en aucun cas, une augmentation de capital par les pouvoirs publics." Dans le communiqué, les ministres précisent tout de même que: "l'État étudiera avec attention les conclusions de ces travaux, et prendra le moment venu ses responsabilités en sa qualité d’actionnaire et au regard de ses responsabilités, en termes d’organisation de la filière nucléaire française".

Emmanuel Macron a par ailleurs estimé que le redressement d'Areva "repose sur trois axes : un plan d'économies, une relance de sa politique à l'export et une refonte de la filière nucléaire française". Sur le premier point, le ministre a dit "entendre l'inquiétude des salariés", jugeant qu'"il ne sert à rien d'agiter les peurs" et dit qu'il "atten[dait] d'Areva un dialogue social exemplaire".

A l'export, Emmanuel Macron a estimé que le marché chinois était le "premier objectif" d'Areva, notamment les marchés des réacteurs de Taishan 3 et 4, ainsi que dans le renforcement de son offre de réacteurs moyenne puissance.

Diane Lacaze avec AFP