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Covid-19: la filière aéronautique est "sortie d'affaire", estime Bruno Le Maire

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Photo d'illustration - albert22278 - Pixabay

En visite dans une usine Airbus, Bruno Le Maire s'est félicité du soutien de l'Etat français, qui a permis de sauver la filière aéronautique et "les milliers de personnes qui y travaillent".

La filière aéronautique est "sortie d'affaire", un an et demi après le début de la crise sanitaire du Covid-19, a affirmé vendredi le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, mettant en avant les aides apportées par l'Etat.

"Elle est sortie d'affaire et commence à redémarrer, avec les commandes qui reprennent. Le transport aérien redémarre, très fort aux Etats-Unis et en Chine, plus lentement en Europe", a indiqué Bruno Le Maire lors d'une visite sur le site d'Airbus à Blagnac près de Toulouse.

"L'Etat français a sauvé Airbus, il a sauvé la filière aéronautique et les milliers de personnes qui y travaillent", a insisté le ministre, rappelant les 15 milliards d'euros (prêts garantis, soutien aux fonds propres et à l'investissement et activité partielle) alloués à la filière aéronautique dans le cadre du plan France Relance.

Selon lui, sans ces aides, "la filière aéronautique, qui a traversé la crise la plus grave depuis 1945, aurait pu disparaître".

"La réalité il y a 14 mois seulement, c'était un transport aérien complètement à l'arrêt et des perspectives totalement bouchées pour la filière", a-t-il souligné après une visite sur le site d'assemblage de l'A350. "Et quand le transport aérien est à l'arrêt, vous auriez pu avoir une chaîne de faillites qui aurait fait disparaître en 12 mois 30 ans d'efforts et un siècle d'histoire industrielle française".

Il faut rester "prudent"

Bruno Le Maire a affirmé vouloir rester "prudent" et "déterminé": "la filière est sortie d'affaire mais il faut continuer à investir dans les compétences comme dans les nouvelles technologies".

"Airbus (dont le siège mondial est dans l'agglomération toulousaine) doit rester le premier constructeur aéronautique mondial, et la filière aéronautique française et européenne doit rester la première mondiale", a-t-il martelé.

Il a mis en avant les trois atouts, selon lui, de la filière aéronautique française: l'innovation, les compétences humaines et la "décarbonation".

"La décarbonation du transport aérien est une chance pour les constructeurs aéronautiques français puisqu'ils sont les plus avancés dans ce domaine. Elle permettra de donner de la compétitivité à la filière, prouvant ainsi qu'il n'y a pas opposition entre la lutte contre le changement climatique et la réussite économique".

Bruno Le Maire a par ailleurs annoncé que l'aéronautique et le spatial auront leur place dans le "plan d'investissement" qu'il prépare pour la rentrée afin qu'ils puissent continuer à accéder "aux meilleures technologies et à investir dans l'intelligence artificielle, l'hydrogène ou les les énergies renouvelables".

Evitant "le pire", la filière aéronautique a tout de même souffert des conséquences de la crise sanitaire, avec la suppression de 8.800 emplois en 2020 (soit -5,% des effectifs) en Occitanie et Nouvelle Aquitaine, selon l'Insee. Le département de la Haute-Garonne, englobant la région toulousaine, concentre à lui seul 4.900 suppression d'emplois dans ce secteur.

Les entreprises sous-traitantes et les prestataires divers sont nettement plus touchés (-7,5% de leurs salariés) que les donneurs d'ordre (-0,9%), notamment Airbus, relevait l'Insee en avril.

P.D. avec AFP