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Combi futuristes et Tesla Model X: le coup marketing de SpaceX pour le départ des astronautes

L'équipage Crew-2 qui va s'envoler vers la Station spatiale internationale

L'équipage Crew-2 qui va s'envoler vers la Station spatiale internationale - Spacex

Première entreprise privée à lancer des hommes dans l'espace, SpaceX n'a pas hésité à revoir les codes de communication traditionnels du lancement dans l'espace.

Changement de décors, changement d'ambiance pour Thomas Pesquet: entre son premier vol de 2016 et celui de 2021, c'est un peu le grand écart. Ce vendredi, l'astronaute français et ses trois compagnons de voyage ont préparé leur départ millimétré pour la Station spatiale internationale, à grands renforts d'images percutantes sur les télévisions et les réseaux sociaux.

Pour SpaceX, première entreprise privée à faire voler des hommes, ce départ dans la cabine Crew Dragon est aussi un joli coup marketing dont elle ne voudrait se priver. Il suffit de voir les astronautes en combinaison saluer les techniciens depuis leur Tesla Model X qui les mènent au pas de tir.

Les astronautes de Crew-2
Les astronautes de Crew-2 © SpaceX

Puis, c'est l'arrivée dans la rampe de lancement qui a été savamment orchestrée dans un tunnel écarlate où seule l'inscription "NASA" en orange ressortait de cette ambiance anthracite. Les techniciens masqués avaient aussi leur tenue aux faux airs de Star Wars.

Justement, les tenues futuristes ont clairement marqué les esprits, lorsqu'elles ont été présentées en 2017. Blanches aux extrémités grises, les combinaisons des astronautes apparaissent bien moins lourdes et plus saillantes que celle, un peu rétro, enfilée par Thomas Pesquet en 2016.

L'équipage Crew-2 qui va s'envoler vers la Station spatiale internationale
L'équipage Crew-2 qui va s'envoler vers la Station spatiale internationale © Spacex

L'astronaute français était alors parti de Baïkonour, au Kazakhstan, dans la vieillissante (mais très fiable) fusée Soyouz. Pas de berline électrique pour l'amener au lanceur mais des rituels à respecter comme la bénédiction du Pope orthodoxe avant le départ. Une tradition remontant à Youri Gagarine implique même d'uriner (ou de mimer le geste) sur une roue du bus les emmenant vers la fusée avant le décollage. Surtout, par superstition, les astronautes ne découvrent leur fusée Soyouz que le jour du départ tandis que Thomas Pesquet a pû admirer la Falcon-9 plusieurs jours avant.

Thomas Pesquet lors de son départ, ritualisé, en 2016 depuis Baikonour
Thomas Pesquet lors de son départ, ritualisé, en 2016 depuis Baikonour © ESA

Dernière différence majeure pour le Français entre ses deux vols: la cabine. Là encore, SpaceX propose un design large et épuré, bardé d'écrans tactile quand Soyouz déborde encore d'interrupteurs que le chef de bord doit actionner avec une tige.

Une image futuriste pour la firme d'Elon Musk qui entretient le rêve spatial et permet de se projeter vers la Lune. Puis Mars…

Thomas Leroy Journaliste BFM Business