BFM Business

Bertrand Camus ne fera "pas partie de l'aventure du nouveau Suez"

L'actuel directeur général du groupe français s'opposait depuis le début au projet de rapprochement avec Veolia.

Ce n'est pas vraiment une surprise mais c'est maintenant officiel. Dans une interview au Figaro, Bertrand Camus, actuel directeur général de Suez, explique qu'il a décidé "de ne pas faire partie de l'aventure du nouveau Suez".

Celui qui s'opposait depuis le début au projet de rapprochement avec Veolia souligne que le "nouveau Suez", "une belle entreprise de 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans la propreté, l’eau et l’économie circulaire en Europe, Asie et Afrique (...) sera très différente du groupe où j’ai passé vingt-sept ans, et dont j’ai pris la tête en 2019. (...) Il faut donc construire une autre histoire, une autre trajectoire pour le nouveau Suez, et il est mieux de le faire avec un nouveau dirigeant et une nouvelle équipe. Après quasiment trente ans dans la même entreprise, je veux faire autre chose à titre personnel et professionnel".

"Si l’offensive de Veolia était prévisible, l’attitude de notre premier actionnaire, Engie, l’était moins"

Quels sont ses projets? "À 54 ans, je n’ai pas envie de prendre ma retraite. Mais mon engagement pour Suez reste entier, et je mènerai jusqu’au bout les deux opérations (l’OPA de Veolia et le rachat d’actifs de Suez par le consortium Meridiam-GIP-CDC), qui doivent se finaliser entre mi-novembre et mi-décembre, afin que leur mise en œuvre se fasse dans le respect de toutes les parties prenantes".

Ce qui n'empêche pas le dirigeant de ressentir un peu d'amertume. " Je n’ai pas de ressentiment particulier. Le combat a été violent. Si l’offensive de Veolia était prévisible, l’attitude de notre premier actionnaire, Engie, l’était moins", dit-il.

"Si c’était à refaire, il y a deux ou trois choses que j’aurai faites différemment. Dans ce dossier, l’imprévisibilité d’Engie est le point central", ajoute-t-il.

Et ensuite? "Plusieurs chemins sont possibles, au vu des coups de téléphone que je reçois. Je suis plutôt un homme d’action, fait pour diriger un groupe coté ou privé ou pour me lancer dans un projet entrepreneurial. La taille n’est pas un sujet, pourvu que l’activité soit liée à l’environnement. Je vais me donner le temps de la réflexion. Les neuf derniers mois ont été passionnés, il faut recharger les accus".

Olivier Chicheportiche Journaliste BFM Business