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Alstom, le dernier morceau de la Compagnie générale d'électricité

L'historien de l'économie Jean-Marc Daniel a rappelé ce mardi sur BFM Business l'histoire de la CGE, dont sont issus Alcatel, Alstom, Nexans, STX, ou encore Thomson.

L'historien de l'économie Jean-Marc Daniel a rappelé ce mardi sur BFM Business l'histoire de la CGE, dont sont issus Alcatel, Alstom, Nexans, STX, ou encore Thomson. - BFM Business

Alcatel, les câbles Nexans, les chantiers navals STX, Alstom. Tous ces fleurons sont issus du découpage de la CGE, créée en 1898 et nationalisée en 1981, rappelle Jean-Marc Daniel.

Alcatel, STX, Nexans, Thomson et désormais Alstom. Tous ces ex-fleurons de l'industrie française passés sous contrôle étranger -ou en passe de le faire- sont nés du démembrement d'un conglomérat français, la Compagnie général d'électricité. La CFE, née en 1898 et nationalisée en 1981, comme l'a rappelé l'économiste Jean-Marc Daniel sur BFM Business ce mardi.

Ironie de l'histoire, alors que Siemens s'apprête à prendre le contrôle d'Alstom: la compagnie avait été créée en 1898 pour "concurrencer Siemens", raconte l'historien de l'économie.

En plein avènement du "capitalisme d'État", la compagnie est nationalisée en 1981. Elle sera à nouveau privatisée en 1987. Et c'est là que débute un grand mouvement de rationalisation de ce conglomérat. En 1998, à l'occasion de son centenaire, il est délesté d'une partie de ses activités: énergie et transport opérée (Alstom), ingénierie électrique (Cegelec), câbles de cuivre (Nexans). La nouvelle entité est renommée simplement Alcatel. "Une opération de communication, on récupère une marque dans le lot que contrôle la compagnie générale d'électricité", souligne Jean-Marc Daniel.

Au moment de la privatisation, François Mitterrand avait refusé de signer les ordonnances émises par Balladur. Le président plaidait alors pour la mise en place d'un actionnariat populaire. Sans cela, la privatisation mènerait à "de sérieuses déconvenues", affirmait-il alors. Quand l'État finit, "pour des raisons multiples, à la fois idéologiques et pratiques" par abandonner le contrôle direct des entreprises de l'ex-CGE, il oublie de créer simultanément les moyens de générer le capitalisme populaire capable de suppléer son départ. "Résultat, on finit avec un capitalisme de la barbichette", conclut l'économiste.

N.G.