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Alstom: accord entre Bouygues et l'Etat

Alstom a validé l'offre de General Electric, dimanche 22 juin.

Alstom a validé l'offre de General Electric, dimanche 22 juin. - -

Le gouvernement et la direction de Bouygues ont trouvé un accord pour que l'Etat devienne principal actionnaire d'Alstom, dimanche 22 juin.

L'Etat a finalement trouvé un accord avec Bouygues pour entrer au capital d'Alstom. Et en devenir, à terme, le premier actionnaire. Finalement, les 20% du capital visés ne seront pas forcément acquis intégralement auprès de Bouygues, a annoncé Bercy dimanche 22 juin.

"L’Etat [...] dispose de l’option d’acquérir à son choix des actions Alstom soit auprès de Bouygues, soit sur le marché, lui permettant de détenir 20% du capital de la société", indique en effet le communiqué du ministère de l'Economie.

Bouygues dispose actuellement de 29,4% du capital d'Alstom. Or vendredi, le ministre de l'Economie, Arnaud Montebourg, a annoncé l'intention de l'Etat de devenir principal actionnaire d'Alstom en rachetant les deux tiers de la participation de Bouygues.

Deux ans pour monter au capital

Le communiqué précise en outre que l'Etat "détiendra 20% des droits de vote" au conseil d'administration du fleuron industriel, "sans attendre l'acquisition effective des actions". Il siègera en effet au board à la place de Bouygues. Un moyen de peser immédiatement dans les décisions, alors que sa montée au capital d'Alstom ne sera pas réalisée avant plusieurs mois.

Bercy a en effet prévu un montage compliqué et long pour acquérir 20% du capital, afin, selon Arnaud Montebourg, d'acheter les actions "au prix le plus bas possible".

L'exécutif souhaitait racheter les titres détenus par Bouygues pour 28 euros par action, le montant de la dernière cotation d'Alstom vendredi 20 juin à la clôture. Mais Bouygues, qui estime que la valorisation boursière du groupe ne reflète pas sa valeur réelle, en demandait 35 euros.

Finalement, le gouvernement indique que cette prise participation se fera sous forme d'options d'achat des actions, valables vingt mois après la "réalisation complète" du mariage entre Alstom et General Electric. La finalisation de ce rapprochement est attendue pour le début 2015.

35 euros ou plus par action

En somme, pendant près de deux ans après que GE et Alstom aient acté tous les détails de leur alliance, l'Etat pourra racheter jusqu'à 20% des parts à Bouygues pour un prix "supérieur ou égal" à 35 euros. Si tant est que l'action atteigne au moins cette valeur en Bourse.

Au terme des vingt mois, "pendant huit jours de bourse", si le titre vaut toujours moins que le prix fixé par Bouygues, l'Etat pourra racheter des actions "au prix du marché" pour un maximum de 15% du capital d’Alstom.

Samedi, le conseil d'administration d'Alstom a voté à l'unanimité en faveur d'un rapprochement avec l'américain General Electric pour lui vendre une partie de son activité énergie, créer des co-entreprises dans d'autres secteurs énergétiques et racheter des activités dans le secteur du transport, mettant un terme a un feuilleton qui a défrayé la chronique économique depuis plusieurs mois.

L'action Alstom décolle...puis retombe

La validation de l'offre de General Electric par Alstom, combinée à l'accord trouvé entre l'Etat et Bouygues, a visiblement aiguisé l'appétit des investisseurs. Le titre du groupe français était en effet en hausse à l'ouverture de la Bourse de Paris, ce lundi 23 juin. La valeur prenait ainsi 1,43% à 28,40 euros peu après 9 heures, tandis que l'indice CAC 40 avait ouvert sans direction (-0,02%). Mais le cours de l'action est ensuite revenu à la normal en cours de matinée, tombant même ponctuellement dans le rouge.

N.G.