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Airbus: 6 faits que vous ignorez sûrement sur ce fleuron européen qui fête ses 50 ans 

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Airbus - PASCAL PAVANI / AFP

Savez-vous d'où Airbus tire son nom? Et comment ont été choisies les appellations de ses multiples avions? Pour fêter le cinquantenaire de ce fleuron industriel, nous vous proposons de découvrir des facettes méconnues de cette entreprise.

Airbus fête son cinquantième anniversaire ce mercredi. L'occasion de revenir sur l'histoire de ce géant européen faite "d'ambition et de progrès, emblématique de l'intégration européenne", avec à son actif "beaucoup de premières", comme l'a relevé son nouveau président exécutif, Guillaume Faury, lors d'un événement au Bourget.

BFM Éco revient sur six faits méconnus de l'histoire de ce groupe employant 130.000 personnes qui participent à la construction de la moitié des grands avions commerciaux dans le monde, en sus de ses activités dans les domaines des hélicoptères, de la défense et de l'espace. 

Les origines de la marque "Airbus"

Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis dominent le marché de l’aéronautique. Alors que le trafic du secteur aérien est en plein boom, Boeing lance son long courrier 707 dès 1958. Dix ans plus tard, les constructeurs américains Douglas et Lockheed conçoivent respectivement les tri-réacteurs DC-10 et le L-1011 "Tristar".

En Europe, les projets du Français Sud-Aviation et des Britanniques Hawker-Siddeley et British Aircraft peinent à rencontrer le même succès que les gros-porteurs américains. Ils décident alors de se positionner sur un marché plus adapté au trafic intra-européen où leurs concurrents sont absents: le court et le moyen-courrier. 

Photo de famille de l'équipage ayant piloté le premier Airbus A300B à l'aéroport de Toulouse-Blagnac, le 28 octobre 1972. De G à D, Pierre Caneill (Ingénieur navigant), Max Fischl (Commandant de bord et 1er pilote), Roméo Zinzoni (Mécanicien navigant), Bernard Ziegler (Directeur des essais en vol et co-pilote), et Guenther Scherer (Ingénieur navigant).
Photo de famille de l'équipage ayant piloté le premier Airbus A300B à l'aéroport de Toulouse-Blagnac, le 28 octobre 1972. De G à D, Pierre Caneill (Ingénieur navigant), Max Fischl (Commandant de bord et 1er pilote), Roméo Zinzoni (Mécanicien navigant), Bernard Ziegler (Directeur des essais en vol et co-pilote), et Guenther Scherer (Ingénieur navigant). © AFP

L’idée est de concevoir un "bus des airs" ou "aérobus", terme employé par les médias français à l’époque, de 200 à 300 places. En 1965, les Allemands franchissent le pas et donnent naissance au "Studiengruppe Airbus", un regroupement d’industriels aéronautiques, pour travailler sur le projet et envisager une collaboration internationale. C’est la première fois que l’appellation "Airbus" est employée officiellement. Un an plus tard, l’entreprise "Deutsche Airbus" est créée.

Conscient de leurs difficultés à rivaliser avec les Américains, Français et Britanniques s’associent en 1966 pour lancer un nouveau programme d’avion civil. Constatant que les Allemands travaillent également sur le projet, Deutsche Airbus, Sud-Aviation et Hawker-Siddeley finissent par coopérer. De ce consortium naîtra le biréacteur A300 dont la production sera lancée le 29 mai 1969. Le terme "Airbus" sera conservé par la suite. Notamment parce qu’il est facilement compréhensible sur le plan linguistique à la fois des Allemands, des Français, et des Britanniques.

Comment Airbus choisit le nom de ses avions

Comme expliqué précédemment, le premier avion civil développé par Airbus fut baptisé A300. Soit le nombre de passagers que devait compter l’appareil. Sa capacité sera finalement limitée à 298. Pour ses modèles suivants, Airbus a tout simplement décidé d’ajouter une dizaine: A310, A320, A330, A340, A350… Certes, les A321, A319 et A318 figurent bel et bien au catalogue d’Airbus mais ceux-ci ne sont que les versions rallongées ou raccourcies de l’A320. Et l'A380 alors? Suivant la logique de l’avionneur européen, il n’aurait pas dû être baptisé ainsi. Mais 8 est un chiffre porte-bonheur en Asie. L’appellation A380 était en réalité destinée à séduire les clients asiatiques susceptibles d’acheter cet avion.

Un bon de commande historique en 2017

Lundi 13 novembre 2017. Boeing annonce une très grosse commande: 40 Boeing 787-10 à livrer à la compagnie Emirates pour un prix catalogue de 15,1 milliards de dollars. Airbus réplique deux jours plus tard en signant la plus grosse commande de l’histoire de l’aéronautique. Indigo Partners, une société d'investissement spécialisée dans la location d'avions à des sociétés a commandé 430 appareils de la famille A320 (273 A320neo et 157 A321neo). Au prix catalogue, elle représente un montant total de 49,5 milliards de dollars. Depuis, la commande d'Indigo Partners n’a jamais été dépassée. La seconde commande la plus importante du groupe a été annoncée fin mars 2019. L'entreprise publique chinoise CASC (China Aviation Supplies Holding Company) a commandé 290 Airbus A320 et 10 A350, soit 300 appareils.

Le cours de l'action a été multiplié par 7 depuis 2000

Ce n’est qu’en juillet 2000 que la société est arrivée en Bourse. En effet, Airbus n’existait à l’origine que sous forme de consortium entre plusieurs sociétés européennes, sans personnalité juridique propre. Le groupe EADS (European Aeronautics Defense and Space company, rebaptisé Airbus Group en 2014) a été créé par la fusion du français Aérospatiale Matra, la branche aéronautique de Lagardère, de l’allemand DASA (DaimlerChrysler Aerospace AG) et de l’espagnol Construcciones Aeronauticas SA. Dans la foulée, l’entreprise avait levé 2 milliards d’euros en Bourse.

Le co-président de l'exécutif du groupe européen aéronautique EADS, Philippe Camus, annonce, le 10 juillet 2000 à Paris, l'introduction à la Bourse des titres EADS
Le co-président de l'exécutif du groupe européen aéronautique EADS, Philippe Camus, annonce, le 10 juillet 2000 à Paris, l'introduction à la Bourse des titres EADS © AFP

Les investisseurs qui ont misé sur cet attelage plutôt complexe –coté à la fois à Paris, Amsterdam, Francfort et sur les places régionales espagnoles- n’ont eu qu’à s’en féliciter. À fin avril dernier, l’action Airbus Group avait accumulé 600% de gains par rapport à ses débuts. Quelqu’un qui aurait misé sur le CAC 40, un indice regroupant 40 grandes valeurs françaises, n’aurait enregistré dans le même temps que 140% de hausse en tenant compte des dividendes. Mais il a fallu être patient car les débuts ont été laborieux. EADS a notamment souffert d’un scandale retentissant en 2006.

Le 13 juin 2006, l’annonce de difficultés sur le programme A380 avait provoqué un plongeon de 36% du cours en une séance. Or, plusieurs cadres dirigeants avaient cédé des actions juste avant l’annonce. Mais l'Autorité des marchés financiers a refermé le dossier en 2009 sans sanctionner qui que ce soit. Et en 2015, le conseil constitutionnel qu’un procès pénal ne pouvait se tenir, en considérant qu’une affaire boursière ne pouvait être jugée deux fois (devant l’AMF et devant un tribunal). La dernière décennie boursière a en revanche été particulièrement porteuse pour ses actionnaires –à commencer par les Etats français (11,1% des parts), allemand (11%) et espagnol (4,2%) et par les salariés (collectivement 2%).

L’architecture monumentale du hangar d’assemblage de l’A380

Pour assembler l’A380, Airbus a créé le plus grand hangar du monde. Construit En forme d'Arche, dans un acier livré par Arcelor, ce bâtiment de 35.000 tonnes, soit l'équivalent du viaduc de Millau, il occupe une superficie de dix hectares. Cette construction a été le plus grand chantier en charpente métallique jamais construit en France depuis quarante ans.

18 mois d’attente pour la livraison d’un A380

A380
A380 © Lionel Bonaventure - AFP

La construction d’un A380 ne se fait pas en trois mois. C'est l'un des plus imposant avion du monde. Long de 73 m pour une envergure de 79,8 m et 575 tonnes, l'A380-800 peut emporter 525 passagers ou 555 passagers selon la configuration sur une distance maximale de 14.800 km. Les pièces arrivent de toutes l’Europe pour être assemblées sur le site de Toulouse. Les plus grosses pièces (fuselage, ailes, queue et train d'atterrissage) sont assemblées en une semaine seulement dans le fameux hangar par une équipe de cinquante personnes. Une fois assemblé, l’A380 passe à la finition pendant trois semaine pour être équipé des moteurs et des équipements. L’appareil sera ensuite vérifié pendant plusieurs jours sur une piste à Toulouse avant de décoller pour Hambourg pour l’installation intérieur et la peinture. Entre la découpe de la première plaque de tôle et l’avion prêt à livrer, il aura fallu entre 18 et 20 mois.

Guillaume Bayre, Pascal Samama et Paul Louis