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 Aéronautique: l'industriel français Latécoère bientôt sous pavillon américain?

L'industriel français de l'aéronautique a inauguré à Toulouse, son fief historique, une usine de 6000 mètres carrés, fortement robotisée.

L'industriel français de l'aéronautique a inauguré à Toulouse, son fief historique, une usine de 6000 mètres carrés, fortement robotisée. - Latécoère

Le fonds d'investissement américain Searchlight a annoncé hier vendredi soir son intention de lancer une offre publique d'achat (OPA) amicale pour racheter l'équipementier aéronautique français Latécoère, dont il détient déjà 26% du capital depuis avril 2019.

Ayant fêté ses cent ans en 2017, un industriel français "historique" de l'aéronautique, fournisseur de premier rang des avionneurs Airbus et Boeing, devrait bientôt passer sous pavillon américain. Le fonds d'investissement SearchLight, déjà actionnaire à 26%, a déclaré qu'il allait lancer une OPA (offre publique d'achat), au prix de 3,85 euros par titre, soit une prime de 34% sur le cours de vendredi soir, serait déposée auprès de l'Autorité des marchés financiers (AMF) au troisième trimestre 2019.

Une telle offre valorise Latécoère à 365 millions d'euros. Le fonds américain annonce qu'il apporte "tout son soutien à l'équipe de direction et à la stratégie" de Latécoère.

Une usine robotisée a été inaugurée en 2018 à Toulouse 

L'an dernier, Latécoère a vu son bénéfice net fondre de 80% à 6 millions d'euros pour un chiffre d'affaires 2018 en très légère hausse (+0,3%), à 659,2 millions d'euros.

L'industriel avait inauguré en mai 2018, dans son fief historique de Toulouse, une usine fortement robotisée lui permettant de réinternaliser une partie de la production de ses pièces élémentaires en aluminium, en vue de produire les portes d’avions pour Dassault, Embraer, Airbus, Boeing, Bombardier, etc.

Le fonds américain a 26% du capital depuis avril 2019

En avril dernier, le fonds avait conclu un accord de rachat de 26% des parts de l'équipementier, que détenaient trois autres fonds (Apollo, Monarch et CVi Partners), au même prix que l'OPA annoncée vendredi (3,85 euros), pour un total de 106,8 millions de dollars. Monarch et CVi Partners étaient entrés au capital de l'équipementier en 2015 à la faveur d'une restructuration financière du groupe, alors profondément endetté. Les deux fonds, principaux créanciers, avaient participé à la recapitalisation pour en devenir de grands actionnaires.

Mi-avril, l'équipementier aéronautique, dont le siège historique se trouve à Toulouse, avait annoncé avoir connu une forte croissance au premier trimestre (+16,8%) de son chiffre d'affaires à 182,6 millions d'euros, porté par les programmes long-courrier de Boeing, et confirmé ses perspectives 2019. En 2019, le groupe table sur "une croissance organique significative de son chiffre d'affaires hors effets de change" et entend "mettre en oeuvre des investissements importants pour finaliser le plan Transformation 2020", avait-il alors affirmé.

Frédéric Bergé avec AFP