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Formation professionnelle : une réforme de fond en vue

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Après des négociations longues et souvent assez techniques, les syndicats et le patronat se sont mis d’accord dans la nuit de vendredi à samedi sur un texte sur la réforme de la formation professionnelle.

Après des négociations longues et souvent assez techniques, les syndicats et le patronat se sont mis d’accord dans la nuit de vendredi à samedi sur un texte sur la réforme de la formation professionnelle.

On parle même d’une possible signature du texte par la CGT. Les discussions ont été marquées par un affrontement entre le Medef et la CGPME sur la refonte du financement du système, système qui est en passe de devenir de plus en plus individualisé.

Une réforme de fond va avoir lieu pour la formation professionnelle

En effet, un des soucis exprimés à plusieurs reprises par le président de la République était que l’on remette à plat la formation professionnelle qui mobilise 36 milliards d’euros.

Le but devait être selon François Hollande de mieux faire bénéficier les chômeurs de cette enveloppe, sachant en effet que 12% leur sont consacrés. Les partenaires sociaux ont négocié dans ce sens mais sont allés plus loin. Ils ont changé la logique du système en remplaçant le droit individuel à la formation (DIF pour les spécialistes) par un compte de formation personnel (CFP)

L’idée est que les entreprises achètent pour leurs salariés des heures de formation qu’ils pourront utiliser de façon assez souple en fonction de l’évolution de leur carrière. Ces heures achetées alimenteront le CFP. Pendant les 6 premières années de travail, le compte sera crédité d’au moins 20 heures chaque année, puis de 10 heures les trois années suivantes. Au-delà, le compte pourra être crédité selon le bon vouloir des employeurs. La grande réforme est que le salarié gère comme il l’entend son CFP. C'est-à-dire qu’il en garde le contenu s’il change d’entreprise, et qu’il peut demander à suivre des formations que l’employeur n’a pas en tête.

Le principe est donc celui d'une individualisation de la démarche de formation professionnelle

Exactement. Depuis quelques années, les décisions qui sont prises autour de la carrière des salariés partent du constat que, sur la durée de leur vie active, les salariés vont être appelés à changer d’emplois, voire vont connaître des périodes du chômage.

Et donc il faut de plus en plus référencer leurs droits et obligations sur eux et de moins en moins sur les employeurs. Les employeurs sont évidemment un élément clé du dispositif.

En particulier, ils doivent organiser tous les deux ans une rencontre avec chacun de leurs salariés pour faire le point sur l’évolution de leur situation dans l’entreprise. En outre, les formations doivent être clairement qualifiantes et ce sont des comités où siègent les organisations patronales qui en fixeront la liste.

Le système a donc été amélioré

Manifestement, au point que la CGT serait prête à signer. Les plus réticents, ce sont les représentants des Pme car il est prévu une refonte des barèmes de financement qui va les conduire à payer plus alors que leurs représentants sont convaincus que leurs salariés ne se formeront dans l’avenir pas plus qu’aujourd’hui.

Jean-Marc Daniel