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Une centrale nucléaire EDF placée sous "surveillance renforcée"

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L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) place la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher) et ses deux réacteurs "sous surveillance renforcée". Cette procédure exceptionnelle fait suite à un constat de "dégradation du niveau de sûreté" depuis 2016.

Une centrale nucléaire EDF est sous surveillance. L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a placé la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire (Cher) "sous surveillance renforcée". Dans une note d'information, l'ASN explique avoir constaté "une hausse du nombre d'évènements significatifs" et "des carences" d'EDF dans la surveillance et l'entretien des installations.

Cette mise sous surveillance renforcée, une procédure exceptionnelle qui n'a touché que deux autres centrales précédemment, se traduira par des contrôles supplémentaires sur le site et "une attention particulière" aux mesures que prendra EDF.

Une inspection de contrôle sera menée en 2018

Le gendarme du nucléaire dit avoir relevé en 2016 "plusieurs défaillances de l'exploitant (EDF, NDLR) dans l'identification et l'analyse des conséquences des anomalies affectant certains équipements importants pour la sûreté".

À cela s'ajoute "une dégradation dans la qualité des réponses qui lui sont fournies, ainsi qu'une réactivité insuffisante de l'exploitant", selon elle. Après ces observations, l'ASN a mené une inspection "renforcée" sur le site en avril 2017 qui a révélé "des carences" d'EDF "dans la mise en oeuvre" de son organisation "pour la surveillance et l'entretien des installations".

Une inspection de contrôle sera menée en 2018 par l'ASN dans cette centrale nucléaire qui comprend deux réacteurs de 1.300 mégawatts chacun.

Deux centrales nucléaires déjà placées sous surveillance

Par le passé, la centrale de Chinon (Indre-et-Loire) avait également été placée sous ce régime de surveillance renforcée entre 2013 et 2015, et avant elle en 2000, la centrale de Dampierre (Loiret), a précisé l'ASN.

EDF a dit "prendre acte" de cette décision, ajoutant que "tous les points soulevés ont fait l'objet d'actions correctives". Le groupe "a proposé un plan d'action au mois d'avril qui a été accepté" et est en train d'être mis en place.

Comme beaucoup des remarques de l'ASN concernent "le facteur humain" sur la centrale, détaille une porte-parole à l'AFP, les actions correctives visent un "renforcement de la culture de sûreté" avec des formations sur les bonnes pratiques lors des interventions et d'autres, juste avant les interventions programmées.

F.Bergé avec AFP