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Prix du gaz: au Royaume-Uni, les petits fournisseurs d'énergie coulent les uns après les autres

Les prix du gaz explosent en Europe.

Les prix du gaz explosent en Europe. - MYCHELE DANIAU © 2019 AFP

Face à la flambée des prix du gaz outre-Manche, plusieurs petits fournisseurs d'énergie représentant 1,5 million de clients ont cessé leur activité en septembre.

Le Royaume-Uni s’enfonce peu à peu dans la crise énergétique. Comme dans le reste de l’Europe, les Britanniques font face depuis des mois à une flambée des prix du gaz naturel aux causes multiples (forte reprise de la demande mondiale, stocks au plus bas, baisse des exportations russes…). Mais les conséquences semblent bien plus lourdes outre-Manche que dans le reste du continent.

Car le Royaume-Uni est particulièrement dépendant du gaz naturel. Et s'il produit en temps normal 20% de son électricité grâce à l’éolien offshore, le manque de vent des dernières semaines n'a fait que renforcer ses besoins en énergies fossiles. Or "les prix du gaz sont presque six fois plus élevés que l’an dernier et ont augmenté de 70% en août", a déclaré Jonathan Brearley, président du régulateur britannique Ofgem.

Les petits fournisseurs britanniques se retrouvent dès lors pris en tenaille entre des prix gaziers qui ont bondi à des niveaux records et des plafonds sur le tarif du gaz censés protéger le consommateur. Autrement dit, impossible pour eux de répercuter la hausse des coûts sur leurs clients.

Faillites en cascade

La situation est si tendue que plusieurs petits fournisseurs ont fait faillite ces dernières semaines, souligne la BBC. Si le phénomène n’est pas inédit au Royaume-Uni, c’est son ampleur qui inquiète. People's Energy, Utility Point, PfP Energy et MoneyPlus Energy, Avro Energy et Green Supplier Limited ont ainsi annoncé en septembre qu’ils cessaient leur activité. Ces entreprises représentaient 5% du marché britannique, soit 1,5 million de foyers privés de fournisseur d'énergie.

Certains acteurs bien plus gros éprouvent également des difficultés. C’est le cas de Bulb, sixième fournisseur de gaz et d’électricité outre-Manche. Le groupe, qui compte 1,7 million de clients, a récemment fait savoir qu’il était à la recherche de nouveaux investisseurs pour éviter la banqueroute.

Fort heureusement, le Royaume-Uni compte encore une quarantaine de fournisseurs d’énergie dont six poids lourds (British Gas, EDF Energy, E.ON, npower, Scottish Power, SSE) qui pèsent à eux-seuls 70% de la distribution d’électricité. Et c’est généralement l’un d’entre eux qui est désigné par l’Ofgem pour récupérer les clients dont le fournisseur a fait faillite. Même si cela se traduit souvent par des factures plus élevées.

Le gouvernement veut rassurer

Afin de rassurer entreprises et consommateurs, le gouvernement britannique multiplie les réunions avec les distributeurs d’énergie. Sur Twitter, le ministre des Entreprises, Kwasi Kwarteng, a aussi affirmé que "des plans bien rodés" avec le régulateur étaient en place pour s’assurer que les consommateurs ne feraient pas face à des pannes de gaz à l’approche de l’hiver. Le Premier ministre Boris Johnson a quant à lui déclaré que ces problèmes étaient "temporaires".

Pas de quoi convaincre les distributeurs qui demandent la création d’un organisme intégrant les consommateurs potentiellement insolvables qui étaient jusqu’à présent desservis par des distributeurs ayant déposé le bilan.

Directeur général du fournisseur d’énergie renouvelable Ecotricity, Dale Vince a pour sa part averti sur la BBC que beaucoup de distributeurs d’énergie risquaient de faire faillite d’ici Noël. Il a ainsi demandé au gouvernement de supprimer certaines taxes sur les factures énergétiques ainsi que les plafonds des prix facturés aux consommateurs. En vain… "Ces plafonds sont amenés à rester", a répondu Kwasi Kwarteng.

https://twitter.com/paul_louis_ Paul Louis avec AFP Journaliste BFM Eco