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Pour faire pleuvoir, les Émirats décident de construire une montagne

Les Emirats manquent de pluie.

Les Emirats manquent de pluie. - Karim Sahib - AFP

"Cette région aride manque cruellement de pluie. L'État fédéral pense donc à une méthode radicale."

Les Émirats arabes unis ont décidé de prendre le taureau par les cornes. Il ne pleut pas suffisamment dans leur pays? Qu'à cela ne tienne, cet État fédéral va tout simplement construire une montagne.

Le Centre national de météorologie et de sismologies des Émirats arabes unies travaille en collaboration avec le Centre national de recherche atmosphérique américain sur le déficit d'eau dans cette région du monde. Et l'un des projets à l'étude est donc la construction d'une montagne artificielle, dévoile Arabian Business. Les montagnes peuvent, en effet, intercepter les circuits de l'air et bloquer les nuages. Ensuite, un Beechcraft, avion à double hélice, largue des fusées qui injectent des cristaux de sel dans les nuages. La condensation augmente et la pluie se crée.

Moins chère que la technique du dessalement

L'ensemencement des nuages n'est pas une opération nouvelle. Les Émirats arabes unis ont déjà dépensé 558.000 dollars pour cette méthode l'an dernier, mais là l'État veut aller plus loin en créant plus de nuages à ensemencer. Cette région est particulièrement aride, elle ne bénéficie, en moyenne, que de 13 jours de pluie par an (126mm contre 585 mm à Paris par exemple).

Jusqu'à présent, la principale méthode développée par le pays pour lutter contre son manque de pluie était le dessalement. Il produit 14% de l'eau de dessalement dans le monde. Mais la pluie générée par l'ensemencement des nuages coûte à la fois moins cher et produit plus de résultats. En 2010, quatre jours de fortes pluies par ensemencement des nuages avaient apporté l'équivalent de la production de neuf ans d'une usine de dessalement à Abou Dhabi.

Trouver le lieu idéal

Pour l'instant, les chercheurs n'en sont qu'au premier stade, à savoir une étude qui évalue les effets d'une montagne sur la météo. Et surtout, qui sert calculer à quelle hauteur la montagne devra être construite, quelle devra être sa largeur et le dénivelé de ses pentes. D'après le chercheur Roelof Bruintjes, "construire une montagne n'est pas une chose simple". Ce rapport, qui a été lancé en février 2015, devrait être finalisé cet été. Cette modélisation aura coûté 400.000 dollars, soit un peu plus de 350.000 euros.

Roelof Bruintjes précise que si le projet total, qui pourrait avoisiner plusieurs centaines de milliards de dollars, est trop cher, le gouvernement ne suivra pas. Mais "s'il passe, la deuxième étape sera de trouver des ingénieurs" et évidemment le lieu idéal.

Diane Lacaze