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"Les énergies renouvelables c'est un vrai business" assure Isabelle Kocher

Isabelle Kocher, la PDG d'Engie sur le plateau de BFM Business.

Isabelle Kocher, la PDG d'Engie sur le plateau de BFM Business. - Capture BFM Business

Isabelle Kocher, la directrice générale d’Engie (ex-GDF Suez), était l’invité de BFM Business ce vendredi. Elle a commenté les résultats annuels de son entreprise et précisé la stratégie mise en œuvre pour devenir "leader mondial de la transition énergétique".

"La transition énergétique ce n'est pas que des mots". En un an, le groupe énergétique Engie -détenu à 28,65% par l'État- s'est séparé de nombreuses activités pour recentrer son action sur les énergies bas carbone. Une manière de faire face à la morosité des marchés traditionnels.

Dans le cadre de son plan de transformation, visant à récupérer 15 milliards d'euros en trois ans, l'entreprise s'est séparée en 2016 de nombreuses centrales à charbon. "Nous vendons ces actifs à des acteurs qui font des choix différents. Ce sont en grande partie des opérateurs locaux qui ont des objectifs, des stratégies et des pas de temps différents" a expliqué Isabelle Kocher, la directrice générale du groupe énergétique. En 12 mois, "la moitié du chemin sur les cessions" a déjà été parcouru a souligné la patronne d'Engie, indiquant avoir "enregistré des plus-values" lors de ces ventes.

Investir davantage dans les énergies renouvelables 

Les fonds issus de ces cessions sont intégralement réinvestis dans le développement des énergies renouvelables a précisé Isabelle Kocher, plus particulièrement dans le secteur du solaire et de l'éolien. Mais aussi dans le gaz (gaz naturel et biométhane) afin de pallier l'intermittence de ces nouveaux moyens de production.

Interrogée sur le montant des investissements nécessaires pour développer ces nouvelles sources d'énergie, la directrice générale d'Engie s'est montrée sereine, indiquant que "leurs coûts vont baisser" rapidement. "Le développement des énergies renouvelables, ce n’est pas une œuvre caritative. C’est rentable!" a-t-elle assuré. "C'est efficace pour les clients, ça n'est pas plus cher pour eux et c'est rentable pour les opérateurs" a martelé Isabelle Kocher, précisant que les énergies renouvelables sont "un vrai business" à gérer au quotidien. 

"Le nouveau monde de l'énergie va être décarboné. Le charbon et le pétrole vont être remplacés par du renouvelable et du gaz. La production d'électricité ne va plus seulement reposer sur les grandes centrales qu'on a toujours connues. En parallèle de ces infrastructures, plusieurs petites installations", y compris au domicile des clients, vont permettre de produire de l'énergie a-t-elle ajouté. Cependant, Engie n'entend pas mettre de côté l'énergie nucléaire. Une source de production d'électricité particulièrement exploitée en Belgique. 

Engie à réduit sa perte nette en 2016

Le groupe a vu son chiffre d'affaires reculer de 4,6% à 66 milliards d'euros en 2016, et a accusé une perte nette de 400 millions d'euros (contre 4,6 milliards d'euros en 2015), attribuable à des dépréciations d'actifs de production d'électricité en Europe et à l'augmentation des provisions nucléaires en Belgique. En avance sur son plan d'économies, Engie a décidé d'en augmenter l'objectif de 20%, à 1,2 milliard d'euros de gains net au niveau de l'excédent brut d'exploitation (Ebitda) à l'horizon 2018.

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Antonin Moriscot Journaliste BFMTV