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Fessenheim: EDF approuve l'accord d'indemnisation par l'État

Le conseil d'administration de l'énergéticien français a approuvé mardi 24 janvier l'accord conclu avec l'État prévoyant un arrêt anticipé des activités de la centrale nucléaire alsacienne.

Fessenheim va fermer. Au terme de plusieurs semaines d'incertitude, les membres du conseil d'administration d'EDF viennent d'approuver le protocole d'indemnisation du groupe proposé par l'État en contrepartie de la fermeture du site. Selon l'agence Reuters, six voix se sont exprimées en faveur de cette indemnisation et six voix contre. Le "vote prépondérant de Jean-Bernard Lévy ayant fait pencher la balance en faveur d'une approbation". Comme ils l'avaient annoncé, les six représentants de l'État se sont abstenus. 

Selon les syndicats, qui contestent ce projet de fermeture, la question du décret d'abrogation de l'autorisation d'exploitation n'a pas été abordée lors de cette réunion, comme le rapporte une journaliste de BFMTV présente sur place. Ce document précisant la date de fermeture exacte de la centrale devrait faire l'objet d'un prochain conseil d'administration. 

L'État va verser 446 millions d'euros d'indemnités à EDF

Située dans le Haut-Rhin et dotée de deux réacteurs d'une puissance de 900 mégawatts, la doyenne des centrales nucléaires françaises devrait cesser de fonctionner à l'horizon 2018. Conformément à la loi de transition énergétique, qui plafonne les capacités nucléaires de la France à leur niveau actuel, la mise à l'arrêt de Fessenheim interviendrait donc dès la mise en service de l'EPR de Flamanville (Manche), actuellement en construction. 

En contrepartie de la fermeture de la centrale -une promesse de campagne de François Hollande en 2012- l'État va accorder à EDF plusieurs millions d'euros de dédommagement. L'accord conclu en 2016 entre les deux parties prévoit une indemnisation d'au moins 446 millions d'euros, dont un premier versement d'environ 100 millions d'euros lors de l'arrêt de la centrale. Le solde étant constitué d'une part fixe et d'une part variable, prenant en compte un éventuel manque à gagner pour l'énergéticien jusqu'en 2041.

Ségolène Royal salue une décision "équilibrée"

"Je salue la décision équilibrée du conseil d'administration d'EDF qui va permettre de nouveaux investissements industriels franco-allemands sur le territoire du Haut-Rhin" a indiqué la ministre de l'Écologie à l'AFP. "Elle va permettre le maintien de l'emploi et la mutation du site puisque, de toute façon, l'autorisation de fonctionnement de Fessenheim n'était valide que jusqu'au 31 décembre 2022" a-t-elle ajouté.

Parmi les pistes de reconversion du site, Ségolène Royal a évoqué l'éventuelle installation d'une usine de voiture électriques Tesla, un projet d'usine de batteries de troisième génération ou encore la création d'un site pilote de démantèlement des centrales. 

Antonin Moriscot Journaliste BFMTV