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Du métal recyclé des vieux PC dans les médailles des JO de Tokyo?

Au JO de Tokyo en 2020,  le métal des médailles olympiques pourrait provenir de smartphones et d'ordinateurs usagés, issus du recyclage des déchets électroniques.

Au JO de Tokyo en 2020, le métal des médailles olympiques pourrait provenir de smartphones et d'ordinateurs usagés, issus du recyclage des déchets électroniques. - Yasuyoshi Chiba-AFP

Les organisateurs de Tokyo 2020 veulent que les médailles olympiques réutilisent 100% de métaux récupérés de produits électroniques usagés (PC, smartphones). Pour y parvenir, le Japon devra améliorer sa collecte en la matière.

Les futurs champions olympiques aux JO de Tokyo arboreront-ils à leur cou des médailles faites de métaux provenant de smartphone ou de PC usagés? C'est l'ambition des organisateurs japonais des futurs JO de 2020. Réunis au début de l'été 2016, ils militent pour que les futurs médailles d'or, d'argent et de bronze olympiques soient intégralement forgées à partir des métaux précieux récupérés sur les produits high tech électroniques.

L'idée est simple: alors que le Japon est un pays dépourvu de ressources importantes en or, argent et cuivre, il est, a contrario, un pays dont les habitants, friands de high tech, sont équipés de millions de produits électroniques contenant chacun quelques milligrammes de ces précieux métaux.

Lors des JO de Londres en 2012, 9,6 kilos d'or, 1 tonne d'argent et 700 kilos de cuivre avaient été nécessaires pour fondre les médailles distribuées, selon le Nikkei. Une médaille d'or était ainsi composée de 1,34% du précieux métal pour 92,5% d'argent et le reste de cuivre alors qu'une médaille de bronze comportait 97% de cuivre. A Rio, lors des JO, ces proportions avaient aussi respectées tout en appliquant déjà une logique de recyclage pour fabriquer les médailles (cf encadré ci-dessous).

Au Japon, le recyclage de déchets électroniques balbutie

À titre de comparaison, les quantités de métal récupérées au Japon en 2014 à partir des déchets électroniques étaient de 143 kilos d'or, 1,5 tonne d'argent et 1,1 tonne de cuivre, selon le Nikkei. Ces quantités semblent compatibles avec les besoins nécessaires pour fabriquer les futures médailles olympiques, à condition que la collecte de déchets des produits high tech soient améliorées d'ici 2020.

Alors qu'environ 650.000 tonnes de petits appareils électroniques et électriques sont jetés au Japon chaque année, on estime que moins de 100.000 tonnes sont collectées dans le cadre du système de recyclage entré en vigueur en 2013 dans le pays. En outre, une grande partie du métal qui est récupéré est déjà réutilisé pour fabriquer de nouveaux produits électroniques.

Quoiqu'il en soit, les autorités japonaises misent sur la mobilisation des entreprises chargées de la collecte des déchets électroniques, pour récupérer suffisamment de métal auprès du grand public qui serait associé indirectement et manière originale à l'organisation des futurs JO.

A Rio, le recyclage a aussi été de mise pour les médailles olympiques

Lors des JO de Rio, les 2.488 médailles mises en jeu pesaient 500 grammes chacune. Les médailles d'or comportaient un peu plus de 1% de leur poids total en or, le reste étant de l’argent brut pur à 92,5% provenant de restes de miroirs, de déchets de soudures et de plaques de rayons-x, précise le site officiel des jeux olympiques. Et environ 40% du cuivre utilisé dans les médailles de bronze provenait de déchets de l’hôtel de la monnaie brésilien lui-même, chargé de produire les médailles. Ce matériau a été fondu et décontaminé pour obtenir la substance servant à produire la médaille.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco