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Couverts, pailles, coton-tiges... L'Europe ne veut plus de plastique jetable

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Après s'être attaquée aux sacs plastiques en 2015 Bruxelles présente une directive excluant du marché certains produits en plastique à usage unique tels les cotons-tiges, couverts ou pailles. Les pays devront aussi appliquer un système de consigne pour les bouteilles.

Bruxelles veut arrêter l'invasion des produits plastiques jetables qui finissent dans la mer. Alors que la quantité de déchets plastiques dans les océans et les mers ne cesse de s'accroître, la Commission européenne veut bannir les produits en plastique à usage unique les plus présents sur les plages et dans les mers européennes. Ces produits constituent, selon elle, 70 % de tous les déchets marins.

"Les déchets plastiques constituent indéniablement un dossier de premier ordre. Les Européens doivent s'y attaquer de concert, car les déchets plastiques finissent dans l'air que nous respirons, dans notre sol, dans nos océans et dans nos aliments" argumente le premier vice-président Frans Timmermans, chargé du développement durable à la Commission.

Dans la proposition de directive européenne présentée et dans les cas où des solutions de remplacement sont facilement disponibles et peu coûteuses, plusieurs catégories de produits en plastique à usage unique seront exclus du marché. Cette interdiction s'appliquera aux bâtonnets de coton-tige, couverts, assiettes, pailles, bâtonnets mélangeurs pour boissons et tiges pour ballons en plastique. "Tous ces articles devront désormais être produits uniquement à partir de matériaux plus durables" explique la Commission.

Le principe du pollueur-payeur s'appliquera

Des obligations s'appliqueront aux fabricants de ces produits, selon le principe du pollueur-payeur. Ils "prendront en charge une partie des frais de gestion et de nettoyage des déchets et des coûts liés aux mesures de sensibilisation concernant les récipients pour aliments, les sachets et emballages (par exemple pour les chips et les sucreries), les récipients et gobelets pour boissons, les produits du tabac avec filtres (tels que les mégots de cigarettes), les lingettes humides, les ballons et les sacs en plastique légers."

Certains produits comme les serviettes hygiéniques, lingettes humides et les ballons, devront "faire l'objet d'un étiquetage clair et normalisé indiquant le mode d'élimination des déchets, les effets néfastes du produit sur l'environnement et la présence de matières plastiques dans les produits".

Quant à eux, les fabricants d'engins de pêche en plastique devront prendre en charge les coûts de collecte des déchets à partir des installations de réception portuaires, ainsi que les coûts de leur transport et traitement. Ils supporteront également les coûts des mesures de sensibilisation.

Les États membres ne sont pas oubliés par les obligations qui s'imposeront à eux. Ils devront réduire l'utilisation des récipients alimentaires et gobelets pour boissons en plastique. Pour ce faire, ils "pourront définir des objectifs de réduction au niveau national, proposer des produits de substitution au point de vente ou faire en sorte qu'aucun produit en plastique à usage unique ne puisse être fourni gratuitement" explique Bruxelles.

En France, un système de consigne pour les bouteilles?

Ils devront aussi atteindre un objectif de collecte de 90 % pour les bouteilles pour boissons à usage unique en plastique d'ici à 2025, en mettant en place, par exemple, des systèmes de consigne. La France est particulièrement concernée, où aucune consigne n'est organisée systématiquement, alors que les bouteilles plastiques pour boisson y sont le deuxième article à usage unique le plus utilisé.

Les mesures de la Commission vont maintenant être transmises au Parlement européen et au Conseil pour adoption. Elles suivent une approche similaire à celle adoptée pour la directive sur les sacs plastiques de 2015. Après l'adoption de ces mesures, 72 % des Européens ont déclaré avoir réduit leur consommation de sacs plastiques (Eurobaromètre).

Frédéric Bergé