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Comment la Chine compte limiter la pollution atmosphérique cet hiver

La pollution atmosphérique serait responsable, chaque année, de la mort de 1,2 million de Chinois. (image d'illustration)

La pollution atmosphérique serait responsable, chaque année, de la mort de 1,2 million de Chinois. (image d'illustration) - Wang Zhao - AFP

La Chine vient de prendre de nouvelles mesures afin de lutter contre le smog qui enveloppe régulièrement les plus grandes villes du pays. Pendant cinq mois, certaines activités vont désormais être fortement limitées, voire interdites.

Le premier pollueur mondial anticipe les pics de pollution à venir. Si ce phénomène se produit à toutes les saisons, il est particulièrement accentué durant l'hiver en raison des émissions polluantes plus importantes dégagées par les appareils de chauffage utilisés dans le pays.

En décembre 2016, la Chine était restée paralysée une dizaine de jours par un épais brouillard de pollution. Faute de visibilité, le trafic aérien avait été partiellement suspendu, entraînant l'annulation de plus de 450 vols dans tout le pays. Un an plus tôt, en décembre 2015, alors que la COP21 se déroulait à Paris, le pays avait également été frappé par un autre important épisode de pollution aux particules fines.

Afin d'éviter un tel scénario en 2017, les autorités chinoises ont décidé d'agir. À compter du 15 novembre prochain et jusqu'au 15 mars, certains projets jugés particulièrement polluants pourront être suspendus, indique l'agence officielle Chine nouvelle. Cela concerne notamment la construction et la démolition de routes, de bâtiments et de structures hydrauliques. 

Des dérogations pourront être accordées 

Un tel mécanisme se déclenchera en fonction des seuils d'alerte programmés par les autorités. Un code couleur allant du vert au rouge précisera le degré de pollution, et donc la réponse à apporter pour tenter de réduire ce phénomène. Dans "les zones en alerte rouge, les autorités bloqueront les autorisations de travaux accordées aux projets concernés". Les contrevenants s'exposeront à "des amendes, des restrictions de production ou des fermetures" administratives indique Chine nouvelle.

L'agence Reuters souligne toutefois que certains "grands projets de subsistance" (notamment les chemins de fer et les aéroports) pourront obtenir des dérogations auprès des autorités.

Des précédents en 2015 et 2008

Ces dernières années, à l'occasion de plusieurs événements, la Chine avait testé des mesures comparables. Ainsi, en 2008, lors des Jeux Olympiques de Pékin, plusieurs entreprises polluantes avaient été priées de mettre à l'arrêt leurs usines. La ville avait également instauré un système de circulation alternée et banni les véhicules les plus polluants (camions, automobiles et motos) de ses limites. Le but étant alors d'offrir un air "respirable" aux athlètes et touristes venus les encourager. 

En 2016, la construction puis l'ouverture du parc Disneyland de Shanghai a poussé les autorités du district de Pudong à faire fermer définitivement 153 structures "polluantes et obsolètes". Dans cette liste figuraient un grand nombre d'entreprises des secteurs de la chimie, du textile ou spécialisées dans la fabrication de pièces mécaniques. Là aussi, l'idée des autorités était d'offrir un air moins vicié aux populations venant profiter du parc d'attractions.

Pour rappel, selon l'université californienne de Berkeley, la pollution atmosphérique tue, chaque année, 1,6 million de Chinois. 

Antonin Moriscot Journaliste BFMTV