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Cette jardinière fait pousser les plantes en intérieur grâce aux ultra-sons

Pour les citadins en mal de verdure, le bac de culture conçu par Gus permet de faire pousser tomates ou herbes aromatiques en intérieur. Développé par des entrepreneurs haut-savoyards, il utilise une technologie innovante: l'ultraponie, un système qui permet de brumiser une solution nutritive sur les racines des plantes.

Manger ses propres légumes, ajouter quelques herbes aromatiques tout juste cueillies à ses plats, voici un luxe que les citadins ne peuvent se permettre. Plusieurs start-up, comme Prêt à pousser, Véritable potager ou encore Plantui, proposent des potagers d'intérieur, mais ils utilisent soit des capsules de terreau soit la technique de l'hydroponie (culture hors sol où les racines sont trempées dans une solution nutritive). La start-up annécienne Gus (pour Growing Utraponic System) a fait un choix différent: celui de l'ultraponie.

Il a fallu cinq ans à Gérard Varesano, un imprimeur sur tissu à la retraite, pour mettre au point le système qui n'utilise ni terre, ni substrat d'aucune sorte et ne produit aucun déchet et aucun rejet d'eau polluée. Au départ, il voulait utiliser l'aéroponie, où la solution nutritive est pulvérisée sous forme de brouillard sur les racines. "Mais il fallait une pompe, et le bruit qu'elle fait n'était pas compatible avec une utilisation dans un salon", raconte Gabriel Varesano, le frère de l'inventeur, qui prend en charge l'aspect administratif de la start-up. L'idée est donc venue d'utiliser l'ultraponie, un système de brumisation très fin par ultrasons qui est par exemple utilisé par les diffuseurs d'huile essentielle.

Jusqu'à 15 jours d'autonomie

Les membranes du brumisateur vibrent 1,5 million de fois par seconde, lorsque l'on projette la solution nutritive dessus, un brouillard constitué de gouttelettes d’une taille de 5 microns se forme. La substance peut alors facilement être absorbée par les racines, dont les pores mesurent 15 microns. Les ultra-sons ont aussi l'avantage d'aseptiser l'environnement, et d'éviter la prolifération de champignons ou d'algues. "La seule contrainte, c'est que l'on ne peut pas utiliser de l'eau du robinet à cause du calcaire. Il faut prendre de l'eau filtrée, de l'eau de pluie ou osmosée", précise Gabriel Varesano. Le bac, en plastique rotomoulé, a une contenance de 27 litres, ce qui lui donne une autonomie de 7 à 15 jours, selon le stade de maturité des plantes. Le bac de plantation peut également être équipé d'une structure tubulaire fournissant l'éclairage et pouvant servir de tuteur.

Une commercialisation prévue en juin

Selon ses inventeurs, cette solution permet d'obtenir une croissance des plantes de 20 à 30% plus rapide que la culture traditionnelle. Il est ainsi possible de faire jusqu'à quatre récoltes par an. Mais cette jardinière automatique a un coût élevé: 450 euros. "Nous ne visons pas une clientèle qui cherche à faire des économies en produisant ses légumes. Il s'agit de séduire les citadins qui veulent réduire les circuits de distribution ou qui veulent cultiver pour le plaisir", précise le dirigeant de Gus. Des professionnels se sont aussi montrés intéressés, notamment un semencier qui y voit un moyen pour faire des tests sur ses graines. Des scientifiques travaillant sur le pouvoir d'absorption des racines ont aussi vu dans ce système de nouvelles possibilités d'études.

La start-up compte lancer la commercialisation en ligne dès le mois de juin. Financé jusqu'à présent sur fonds propres, elle a tenté de récolter 100.000 euros sur Kicktstarter, sans succès. Les inventeurs comptent donc faire appel à un prêt bancaire pour se financer. Tout en espérant attirer l'attention d'investisseurs.

Coralie Cathelinais