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À Toulouse, on climatise tout un quartier grâce aux déchets ménagers

Le réseau, alimenté par la combustion des déchets de la métropole, achemine de l'eau chaude dans des canalisations jusqu'à des stations au pied des bâtiments.

Le réseau, alimenté par la combustion des déchets de la métropole, achemine de l'eau chaude dans des canalisations jusqu'à des stations au pied des bâtiments. - Toulouse Métropole

La métropole de Toulouse inaugure un réseau combinant les flux de chaud et de froid sur un quartier mêlant habitations et bureaux. Il est alimenté à 100% par la combustion de déchets ménagers et pas par l'électricité.

La valorisation énergétique des ordures ménagères creuse son sillon en France. L'écoquartier de la Cartoucherie dans l'ouest de Toulouse est désormais chauffé et climatisé grâce à la combustion des ordures ménagères, ainsi que les 2000 m² de bureaux d'un pôle régional de formation et 7000 m² de bureaux destinés à d'autres activités tertiaires.

Le réseau est alimenté par la combustion des déchets ménagers collectés sur la métropole pour être brûlés dans l'usine d'incinération du Mirail. Il achemine de l'eau chaude dans des canalisations en sous-sol jusqu'à des stations situées en pied d'immeuble. Ces équipements peuvent ensuite transformer par absorption cette eau chaude en eau froide, permettant de chauffer l'hiver et climatiser l'été.

Alors qu'il existe quelque 650 réseaux de chaleur en France, il y en a beaucoup moins qui alimentent aussi les bâtiments en flux de froid, notamment pour les activités tertiaires des immeubles de bureau.

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- © Toulouse Métropole

"La production et/ou la distribution de froid en réseaux collectifs est encore peu développée. Il existe une vingtaine de réseaux en France. Par ailleurs, l'alimentation d'un réseau de froid par les énergies renouvelables et de récupération ne représente qu'une faible part. En effet, la technique dominante pour la production de froid est assurée par l'électricité dans plus de 95% des réseaux" explique-t-on à Toulouse Métropole qui pilote ce projet.

En comparaison avec une alimentation électrique, ce système va permettre d'éviter les émissions de 57 tonnes de CO2 par an pour le froid et 1512 tonnes de CO2 pour le chauffage.

Un investissement total de 2,7 millions d'euros

Le dispositif combinant flux chaud et froid a coûté 2,7 millions d'euros, dont un financement de 512.000 euros de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME). Il a été réalisé par l'entreprise Eneriance (filiale de Coriance). Ce groupe a pour actionnaire principal l'australien FSI (First State Investments) depuis 2016.

Ces réseaux s'adressent à des quartiers tertiaires et résidentiels, avec un équilibre entre les besoins de flux de chaud et de froid. Il en existe notamment dans le quartier de La Défense, à Boulogne-Billancourt et Montpellier. Des projets ont été lancés à Lyon, Bordeaux et Paris-Saclay.

Frédéric Bergé