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Droit de retrait à la SNCF: "une grève surprise, hors du cadre légal", selon le secrétaire d'État aux Transports 

Selon le secrétaire d'État aux Transports, le droit de retrait exercé par les cheminots de la SNCF après la collision d'un TER avec un camion dans les Ardennes est en réalité une "grève surprise". Il reproche à la CGT "d'instrumentaliser d'un événement de sécurité".

"Ce n'est pas admissible". Invité ce vendredi matin sur RMC et BFMTV, le secrétaire d'État aux Transports a dénoncé le droit de retrait exercé par les cheminots de la SNCF après la collision entre un TER et un camion dans les Ardennes qui a fait onze blessés mercredi. "Le trafic est très perturbé" sur les TER, RER et Transilien, a-t-il regretté, précisant qu'une "enquête interne a été ouverte".

À travers cet accident, la CGT, à l’origine de ce mouvement social, dénonce la "politique de déshumanisation des gares et des trains". En effet, le conducteur du train était seul à bord au moment de l'accident, et a dû assurer seul la mise en sécurité des passagers. Dans un communiqué, le syndicat exige "le retour des contrôleurs sur l’ensemble de ces circulations afin de permettre aux agents de conduite de se concentrer uniquement sur la gestion de la sécurité ferroviaire".

"Instrumentalisation"

De son côté, Jean-Baptiste Djebbari reproche à la CGT "d'instrumentaliser un événement de sécurité pour faire valoir ses positions politiques". Selon lui, le mouvement de ce vendredi matin ne relève pas du droit de retrait mais bien de la "grève surprise, hors du cadre légal":

"Le droit de retrait, c'est inopiné, Vous avez un événement de sécurité, une incivilité majeure, un accident majeur, vous pouvez opérer un droit de retrait. Là, la CGT conteste que les conducteurs conduisent seuls. Or, ils conduisent seuls depuis dix ans sur les réseaux franciliens. [...] Dire qu'on opère un droit de retrait qui n'en est pas un, ça pénalise l'usager", a-t-il ajouté. 

Et le secrétaire d'État aux Transports de poursuivre en expliquant "qu'une grève, il y a un préavis, ça se prépare". Il assure par ailleurs que ce système de conduite avec une seule personne à bord "a été validé à l'époque après concertation" des syndicats.

Paul Louis