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Vivendi lance une OPA sur Gameloft

Vivendi veut mettre la main sur Gameloft.

Vivendi veut mettre la main sur Gameloft. - Geoffroy van der Hasselt - AFP

Le conseil de surveillance de Vivendi a autorisé le directoire à déposer un projet d'OPA sur Gameloft. Le prix sera de 6 euros par action.

La bataille fait rage entre Vivendi et les éditeurs de jeux vidéo indépendants. Dernier fait en date: Vivendi vient d'annoncer, ce jeudi 18 février, qu'il allait déposer un projet d'OPA sur Gameloft. Le prix sera de 6 euros par action, contre 5,48 euros à la clôture ce jeudi. Ce qui valorise la société à quelques 512 millions d'euros. Dans un communiqué, le groupe explique que "les jeux vidéo occupent aujourd’hui une place fondamentale et porteuse dans le secteur des contenus et des médias où Vivendi entend conforter et développer ses positions".

Et de préciser qu'"après la vente d’Activision Blizzard rendue nécessaire pour réduire l’important endettement de Vivendi en 2013, le Groupe a décidé en octobre 2015 d’investir dans Ubisoft (détention actuelle de 14,9% du capital) et dans Gameloft (franchissement du seuil de 30 % du capital au 18 février 2016), deux sociétés leaders du secteur des jeux vidéo". 

Ubisoft veut garder son indépendance

Plutôt dans la journée, Ubisoft, société jumelle de Gameloft (Ubisoft est dirigé par Yves Guillemot et Gameloft par son frère Michel), a présenté sa stratégie à ses actionnaires tentant de les convaincre de l'intérêt qu'il y a à rester un éditeur de jeux vidéo indépendant face aux assauts du géant des médias Vivendi. Le groupe prévoit une forte amélioration de sa rentabilité, aujourd'hui inférieure à celle de ses pairs, sa marge se situant à 11% contre près de 30% pour ses grands rivaux américains. La société se donne pour ambition d'atteindre une marge de 20% pour l'exercice 2018-2019. Ubisoft table également sur un chiffre d'affaires de 2,2 milliards, soit une hausse de 60% par rapport à 2015-2016.

Pour atteindre ses objectifs, Ubisoft veut continuer de creuser les sillons déjà esquissés les années précédentes: augmenter la part du numérique dans la distribution, développer des franchises puissantes capables de se décliner dans plusieurs univers (cinéma, télévision ...) et accroître le temps de vie des jeux via l'apport de contenus supplémentaires.

Quand Yves Guillemot a reçu en octobre un coup de fil de Vincent Bolloré lui proposant une rencontre avec son lieutenant Arnaud de Puyfontaine pour explorer des projets communs, le patron d'Ubisoft avait initialement eu une réaction favorable. Mais quand il s'est rendu compte, le soir même, que Vivendi avait déjà pris une participation de 6,6% dans le groupe, il a peu apprécié le procédé et les deux hommes "ne se sont jamais parlé", a expliqué une source proche.

Avec les Américains Electronic Arts et Activision Blizzard, la multinationale d'origine bretonne Ubisoft fait partie des trois leaders mondiaux des jeux vidéo grâce à des franchises qui ont connu des succès mondiaux.

D. L. avec AFP