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UGC rachète ses salles de cinéma

Les dirigeants d'UGC Alain Sussfeld et Guy Verrecchia avec la ministre de la culture Aurélie Filippetti en octobre 2013 lors de l'inauguration du multiplex d'UGC dans le 19ème arrondissement de Paris

Les dirigeants d'UGC Alain Sussfeld et Guy Verrecchia avec la ministre de la culture Aurélie Filippetti en octobre 2013 lors de l'inauguration du multiplex d'UGC dans le 19ème arrondissement de Paris - Jamal Henni BFM Business

L'exploitant est à nouveau propriétaire des murs de ses salles les plus prestigieuses. Une opération à 200 millions d'euros...

Lorsque vous allez voir un film dans un cinéma UGC, vous pensez sans doute que la salle appartient à UGC. Il n'en n'est rien. Le groupe n'est pas propriétaire des murs, mais uniquement locataire.

Toutefois, l'exploitant vient discrètement de racheter les murs d'un tiers de ses salles. Il s'agit des plus prestigieuses, situés dans des grandes villes: Lille, Caen-Mondeville, Strasbourg, Nancy-Ludres, Toulouse et bien sûr Paris (*).

Les murs de ces douze cinémas (qui comptent au total 150 écrans) avaient été vendus en 2002 à CNP Assurances. Puis en 2009, UGC les avaient rachetés associé à Yellow Grafton, un fonds luxembourgeois géré par le fonds Perella Weinberg. Mais UGC avait une option pour racheter les parts de son partenaire, qu'il vient d'exercer, récupérant ainsi l'entière propriété de ces 12 salles.

Une opération à 196 millions d'euros

Les murs ont été valorisés 196 millions d'euros dans l'opération, soit quasiment le double du prix de 2002 (107 millions d'euros).

En pratique, ce rachat évite à UGC de payer 15 millions d'euros de loyers par an. Mais UGC devra payer presque autant d'intérêts en plus, car l'opération a surtout été financée par de la dette. Précisément, 120 millions d'euros ont été empruntés sous forme de placement privé (euro private placement). Suite à cela, la dette nette de l'exploitant grimpe de 157 à 200 millions d'euros.

Ouverture du capital d'UGC Cité Ciné

Le reste de l'opération a été financée via des fonds propres. Une partie (30 millions d'euros) a été apportée en cédant 10% du capital de la filiale UGC Cité Ciné, jusqu'à présent détenue à 100%. Toutefois, UGC dispose d'une option d'achat pour racheter ces 10% d'ici 3 ans, et remonter ainsi à 100% dans sa filiale. 

En pratique, l'essentiel (20 millions d'euros) de cette augmentation de capital d'UGC Cité Ciné a été souscrite par Five Arrows Credit Solutions SV, un fonds luxembourgeois géré par Rothschild. En outre, Guy Verrecchia (président et principal actionnaire d'UGC) a apporté à titre personnel 4 millions d'euros, de même que le banquier Jacques-Henri David. Enfin, 2 millions d'euros ont été apportés (via la société Lida SAS) par un autre banquier, Grégoire Chertok, qui est le conseil d'UGC de longue date, et notamment sur cette opération. Parallèlement, cet associé-gérant de Rothschild fait son entrée au conseil d'administration d'UGC.

Conseil de Luc Besson

Grégoire Chertok connaît bien le cinéma: il a été administrateur d'EuropaCorp de 2009 à 2012, et aussi le banquier conseil du studio de Luc Besson. EuropaCorp a notamment eu recours à Rothschild pour son introduction en bourse, le financement de la Cité du cinéma, et sa levée de fonds d'il y a deux ans. Pour s'occuper du dossier EuropaCorp, Grégoire Chertok était aidé par un certain Emmanuel Macron, qui a fait du chemin depuis...

(*) il s'agit des salles UGC Odéon, Danton, Montparnasse, Gobelins, Bercy, Lyon-Bastille et Cergy

Jamal Henni