BFM Business

Téléshopping fête ses 30 ans

TF1 fête les 30 ans du Téléshopping, son émission emblématique de téléachat, déclinée aujourd'hui avec un site de e-commerce. Lancé en 1987, à l'époque avec Pierre Bellemare, le concept reste très lucratif pour TF1, en dépit de son côté un peu ringard.

C'est un dinosaure du PAF mais pas question pour TF1 de s'en passer. Créée en 1987, Téléshopping est la troisième émission à la plus grande longévité sur la Une, après Auto Moto et Téléfoot. Les chiffres parlent d'eux-mêmes: plus de 8500 émissions diffusées au total, plus de 7h d'antenne chaque semaine, avec en moyenne entre 100.000 et 150.000 téléspectateurs chaque matin.

Au coeur du concept, des produits vus "nulle part ailleurs", essentiellement dans le domaine de la beauté, du bricolage et de la cuisine. 250 références proposées chaque année, dont la moitié de nouveautés et les deux tiers "Made in France". Parmi les produits stars depuis le lancement de l'émission, les oreillers "confort du sommeil" (2,5 millions de ventes), les soupes amincissantes "cure éclair" (3,5 millions d'exemplaires écoulés) et les insecticides "barrage aux insectes", le recordman des ventes, avec 7 millions de litres expédiés. 

Internet dépasse le téléphone 

Désormais, la majorité des commandes ont lieu via internet, sur ordinateur, smartphone et plus marginalement via les téléviseurs connectés. Mais le téléphone résiste et représente toujours 45% des ventes. 5% des clients ont même encore recours au courrier pour réaliser leurs achats. En 2016, ce sont plus d'un million de commandes qui ont été enregistrées, avec entre 500 et 8000 produits vendus chaque jour.

Le poids du Téléshopping est loin d'être négligeable pour le groupe TF1. Son chiffre d'affaires a atteint 84,1 millions d'euros en 2015, soit près de 5% de l'activité totale de l'entreprise. La division a toutefois affiché un recul de 4,2% de ses ventes, notamment en raison du recul des audiences de l'émission dans un PAF de plus en plus concurrentiel. Il faut aussi compter sur la concurrence du e-commerce et celle de nouveaux acteurs sur le marché du téléachat, à l'image du géant américain QVC, arrivé en France mi-2015.

Pour résister, TF1 peut compter sur ses 7 boutiques et les animations en grande surface, particulièrement dynamiques. Le groupe entend aussi développer le "social shopping", la vente de produits via les réseaux sociaux, en s'appuyant sur MinuteBuzz, pure player du digital, acquis par TF1 fin 2016. La Une réclame surtout régulièrement au CSA la création, en partenariat avec M6, d'une chaîne de la TNT entièrement dédiée au téléachat. Une demande repoussée pour l'heure par les Sages de l'audiovisuel.

Simon Tenenbaum