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"Quelques jours de frottement" ne perturbent pas TF1, selon son patron

Gilles Pélisson, le PDG de TF1, ne désarme pas face à l'ultimatum de Canal et aux menaces d'Orange et Free.

Gilles Pélisson, le PDG de TF1, ne désarme pas face à l'ultimatum de Canal et aux menaces d'Orange et Free. - Bertrand Guay - AFP

Le PDG de la Une, en conflit avec Free, Orange, et surtout Canal+ depuis que TF1 leur réclame de payer pour diffuser ses chaines TNT, s'est montré peu ébranlé par la coupure de ses chaînes par Canal+, dans une interview accordée au Parisien à paraître ce mercredi.

Même pas mal, semble dire Gilles Pélisson, le PDG de TF1, qui s'exprime ce mercredi dans Le Parisien pour la première fois depuis que Canal+ a cessé de diffuser ses chaînes gratuites. Le groupe audiovisuel détenu par Bolloré, mécontent que TF1 réclame désormais aux opérateurs de payer pour diffuser ses chaines gratuites, a en effet cessé de distribuer les chaînes TF1, TMC, TFX, TF1 séries, Films HD1 et LCI. Une décision unilatérale, confirme Gilles Pélisson: "nous continuons de livrer le signal de nos chaînes".

La Une n'a pas l'intention de désarmer. Elle a même saisi le CSA, parce que, accuse son patron, Canal+ aurait aussi privé les 1,5 million de foyers de TNT Sat, un service pour ceux qui sont en zones blanches, de recevoir TF1. Or leur signal à eux ne passe pas par la TNT mais par le satellite, qui n'est pas concerné par l'accord que renégocient TF1 et Canal.

"Les audiences que l’on fait sans Canal, c’est formidable"

Quant à la baisse de l'audimat de la chaîne du groupe Bouygues lié au débranchage de ses chaines par le groupe de Bolloré, estimée à 7,5% par Publicis Média, Gilles Pelisson assure ne pas s'en formaliser.

"Ce ne sont pas quelques jours de frottement qui vont nous perturber. Les audiences que l’on fait sans Canal, c’est formidable" ajoute-il, se félicitant par ailleurs que l'audience de MyTF1, le live de ses chaînes sur internet, ait doublé ces derniers jours.

Gilles Pélisson se montre tout aussi serein face à Orange et Free qui menacent d'emboîter le pas à Canal. "Chacun montre ses muscles", affirme-t-il.

Sans vouloir dévoiler le montant exact demandé à chaque opérateur, le patron de TF1 affirme qu'il ne dépasse pas les "20 millions d’euros" pour chacun. Ce qui revient selon lui à "4 euros par abonné et par an, soit 33 centimes par mois" pour un opérateur qui a 5 millions de box. Pas de quoi, à ses yeux "justifier une augmentation du prix des abonnements".

Évoquant les futurs programmes de TF1 qui seront maintenus promet-il, le dirigeant lance une dernière pique à la chaîne privée qui aurait encore perdu un demi-million d'abonnés en 2017: "c’est aussi pour ça qu’il y a autant de plaintes du côté de Canal, avec plusieurs milliers de demandes de désabonnement à ce jour".

N.G.