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Phénomène aux États-Unis, ce quiz sur smartphone rend déjà fous les Français

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- - Flashbreaker

VIDÉO - Inspiré du phénomène américain HQ Trivia qui réunit 1 million de joueurs chaque soir, Flashbreak est une sorte de "Qui veut gagner des millions?" pour smartphone qui a réussi une percée fulgurante en France.

"Elsa vous attend pour gagner 100 euros, le quiz commence maintenant!" Voilà le message que reçoivent tous les soirs sur les coups de 19 heures les joueurs de Flashbreak. Ils lancent alors l'application, patientent quelques secondes pendant le compte à rebours et c'est parti.

L'animateur (ou l'animatrice) apparaît sur votre écran et va jouer en direct avec vous. On va alors vous poser 11 questions avec à chaque fois 4 réponses au choix. Vous avez 12 secondes pour répondre à chacune d'entre elles. Si vous vous trompez vous êtes éliminé. Mais si tout le monde se trompe avant la fin, tous les joueurs sont repêchés (ce qui arrive très rarement cela dit) pour les dernières questions. Au final, ceux qui répondront juste à toutes les questions se partageront la cagnotte du jour, soit 100 euros la semaine, 200 euros le week-end. Autrement dit, si vous êtes 40 joueurs à avoir bien répondu à tout, vous empochez 2,50 euros en semaine, 5 euros le week-end.

Pas de quoi faire fortune mais l'essentiel de ce jeu très basique n'est pas là. L'attrait réside surtout dans la possibilité de jouer en direct à un "jeu télévisé" depuis son smartphone et de tester sa culture générale sur des questions plus ou moins faciles.

Lundi l'application a sauté devant l'afflux

Exemples de questions: 

-Lequel de ces films n'a pas obtenu 11 Oscars?*

-Ben-Hur/Titanic/Star Wars/Le Seigneur des anneaux: le retour du roi.

Ou encore

-Quelles sont les dernières paroles de Goethe sur son lit de mort?*

-Plus de lumière/Que la lumière soit/Moins de lumière/Je suis une lumière

Lancée en décembre (mais dévoilée au grand public fin janvier), l'application Flashbreak a déjà été téléchargée plus de 10.000 fois. Et les joueurs sont de plus en plus nombreux. De 100 le mercredi 24 janvier, le nombre est passé à 1000 le lendemain, 3500 dimanche dernier, et ce lundi l'application a sauté devant l'afflux de monde. "C'est très difficile techniquement de faire du streaming en direct sur smartphone, explique Romain Salzman, le créateur de l'application. En fait nous réglons des problèmes techniques tous les soirs, nous sommes comme une boulangerie qui faisait 200 pains aux raisins la semaine dernière et qui doit en faire 4000 aujourd'hui".

Et ce n'est sans doute que le début pour Flashbreak. Le concept s'inspire en effet de HQ Trivia (même si ses créateurs s'en défendent), une application similaire lancée aux États-Unis fin 2017 et qui est devenue en quelques semaines un phénomène de société. Là-bas, ils sont plus de 1 million tous les soirs à jouer au quiz sur smartphone avec un pic à 1,6 million le dimanche 22 janvier, le jour où la cagnotte est montée à 15.000 dollars.

Derrière Flashbreak, on trouve une jeune entrepreneur de 27 ans, Romain Salzman, qui a fait ses armes au marketing du fabricant français d'enceintes connectées Devialet. C'est notamment lui qui a convaincu Apple de mettre les haut-parleurs de luxe dans ses magasins

Deux anciens de Devialet derrière Flashbreak

C'est chez Devialet que Romain rencontre David Jilli qui va devenir son partenaire dans l'aventure. Ensemble ils lancent d'abord une application pour organiser des dîners chez des particuliers. Un flop mais qui ne décourage pas les deux start-uppers. Passionnés de jeux, ils ont alors l'idée de créer un nouveau concept sur smartphone. "Il y avait la radio avec le "Jeu des 1000 francs", la télé avec "Qui veut gagner des millions?" mais il n'y avait rien sur smartphone qui est pourtant le device le plus utilisé notamment par les jeunes", explique Romain Salzman. 

Ils décident alors courant 2017 de développer leur propre concept qui s'affinera avec l'arrivée de HQ Trivia aux États-Unis. Ils font une première levée de fonds auprès de ceux qu'on appelle les 3F ("family, friends and fools"/"famille, amis et imbéciles"), développent l'application et commencent à rédiger des questions. "Mais nous avons vite fait appel à un pro qui travaille pour 'Questions pour champion' car ce n'est pas si facile d'écrire de bonnes questions, explique Roman Salzman. Il faut gérer la difficulté, faire en sorte qu'il n'y ait qu'une seule bonne réponse, etc."

Pour trouver les animateurs (une des clés du succès de HQ Trivia aux États-Unis où l'humoriste new-yorkais Scott Rogowsky fait merveille), ils lancent un grand casting à Paris et cherchent de nouvelles têtes capables de faire de l'improvisation. Deux hommes (Alex et Laurent) et une femme (Elsa) sont sélectionnés parmi une cinquantaine de talents auditionnés. Outre la lecture des questions, ils doivent animer la partie en faisant des blagues ou en encourageant certains joueurs en les citant nommément. 

Et maintenant que le jeu est bien parti, ses concepteurs s'attellent désormais à mettre sur pied un modèle économique. Car pour le moment l'application, qui n'a aucune publicité, n'a pas gagné le moindre centime. Pour son développement futur, la start-up compte s'associer à des marques pour proposer des lots par exemple ou pour proposer des questions sur l'histoire des marques par exemple. "Ce qu'on voit aujourd'hui c'est que les marques n'arrivent plus à parler aux millenials qui regardent de moins en moins la télé et bloquent la pub sur internet, observe Romain Salzman. Or sur notre application, les jeunes sont très engagés et donc très réceptifs".

En attendant de monétiser l'audience, la start-up prépare une nouvelle levée de fonds (elle souhaite obtenir entre 2 et 5 millions d'euros) et envisage des lancements dans d'autres pays européens. La course est lancée avec l'américaine HQ Trivia qui a déjà lancé une version britannique fin janvier. Et Flashbreak qui vise un million de joueurs d'ici la fin 2018 va devoir faire vite.

*Pour la 1ère question il s'agit de Star Wars, pour la seconde de Plus de lumière.

Frédéric Bianchi
https://twitter.com/FredericBianchi Frédéric Bianchi Journaliste BFM Éco